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Les jeunes se soucient moins du sida

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Les jeunes ont grandi avec le sida. Si les campagnes de prévention s'avèrent efficaces, la banalisation de la maladie les rend moins vigilants. Le VIH continue de faire des victimes chez la nouvelle génération.

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La nouvelle campagne publicitaire de AIDES dans les rues de Toulouse. (Photo Hélène Haus)
En 2007, en France, 768 jeunes âgés de 20 à 29 ans ont découvert leur séropositivité, selon les données provisoires de l'Institut national de veille sanitaire. Vingt-quatre d'entre-eux résident en Midi-Pyrénées.

A Toulouse, à première vue, les 97 000 étudiants ne se sentent pas directement concernés par le sujet. En effet, l'antenne locale de l'association de lutte contre le sida, Aides,  s'occupe peu des jeunes. Céline Lousteau, une volontaire s'explique: « Si nous n'organisons pas d'actions spécifiques envers les jeunes, c'est que nous n'avons pas de demandes ». L'organisme fait parfois de la prévention lors de soirées, mais les volontaires regrettent que les étudiants soient souvent « trop alcoolisés » pour les écouter. Même son de cloche du côté de Quentin Perrigueur, membre de l'association Etudiants contre le sida, basée à Lyon. Une des rares associations étudiantes consacrée à la maladie. « Les jeunes viennent avant tout pour avoir des préservatifs gratuits ». Ils ont été sensibilisés à l'école, ou lors de manifestations comme le Sidaction ou Solidays. Ils se sentent déjà informés. Mais Céline Lousteau tempère: « Il y a une grande différence entre la théorie et la pratique. Ce n'est pas pareil d'observer un intervenant utiliser un préservatif en cours et de le mettre soi-même !». 

A Toulouse, les quelques jeunes qui se rendent chez Aides sont en général homosexuels. Ils n'ont pas oublié la discrimination dont ont été victimes leurs aînés. Selon Quentin Perrigueur, ils utilisent plus facilement le préservatif que les hétérosexuels. « Les jeunes hétéros l'utiliseront d'abord s'ils pensent qu'ils encourent un risque. » Un comportement dû à la banalisation de la maladie. Avec le développement de la trithérapie, certains jeunes pensent qu'on peut guérir du sida. Ils oublient que la séropositivité s'accompagne souvent d'une mort sociale. Céline Lousteau en témoigne: « Beaucoup de contaminés sont rejetés par leur famille. Leur entourage pense que s'ils sont malades, c'est leur faute. Ils les font culpabiliser ». A Paris, le Crips (Centre régional de prévention du sida) a mis en place le « cybercrips », un endroit créé pour accueillir les jeunes de 13 à 25 ans. Comme tous les ans, la Journée mondiale de lutte contre le sida se déroulera le 1er décembre. A Toulouse, la manifestation aura pour thème la santé solidaire. Aides a mis en place une nouvelle campagne d'affichage. Le 1er décembre, l'association installera un stand de prévention à la station Jeanne-d'Arc sur la ligne B.  

 

 

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