La journaliste Anna Politkovskaïa, à droite, a payé de sa vie son combat pour la liberté d'expression (crédit photo: Flickr)
Un faux procès nourri de rebondissements
Le procès prenait déjà un air parodique lorsque l'on savait que les trois accusés n'étaient que des « second couteaux » - les vrais commanditaires du meurtre courent toujours- . Mais depuis son ouverture, le 17 novembre, la procédure s'est transformée en véritable série B alimentée par de multiples coups de théâtre.
Premier coup d'éclat le 19 novembre, Evgueni Zoubov annonce un huit clos, alors que le procès devait être public. Le 20 novembre nouveau rebond, un juré avoue que 18 de ses pairs ont refusé ce huit clos et crient au mensonge.
Sur fond de tensions, le juge Zoubov annonce l'ajournement du procès jusqu'au premier décembre. L'intrigue reprend le 25 novembre, le procureur réclame la révocation d'Evgueni Zoubov pour prononciation illégale d'un huit clos et entend rétablir un procès public. Enfin, pour donner du piment à tous ces épisodes, on apprend que le commanditaire du crime serait un homme politique russe non identifié, le parquet avait pourtant affirmé que l'assassinat avait été organisé depuis l'étranger. Depuis cette date, les audiences piétinent et ne font guère la une des médias. Un procès oublié, contradictoire avec l'ampleur du crime jugé. Le cynisme de cette affaire semble être sans limites pour la famille Politkovskaïa.
Un combat symbolique
Anna Politkovkaïa se contentait de« témoigner de l'instant présent et décrire ce qu'{elle] voit », avec toujours cette volonté d'informer les populations. Volonté qui s'est finalement transformée en lutte, dans un système démocratique encore corrompu. Selon le Comité de protection des journalistes, la Russie serait le troisième pays le plus meurtrier pour les reporters, 49 journalistes y auraient trouvé la mort depuis 1992. Ce procès illustre finalement la bataille de toute la presse russe. Au banc des accusés : la censure. L'enjeu : la liberté d'expression.





