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Le luxe d’ignorer la crise

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Les commerçants toulousains ne voient pas tous arriver Noël avec la même inquiétude. Dans les magasins de prêt-à-porter et de décoration de luxe de la rue Croix-Baragnon, tous les voyants sont au vert.


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Vincent de Lignières propose dans son magasin de prêt-à-porter des vestes à 1000€ "Nous en vendons pas mal en ce moment" (Photo Pierrick Bonno)
À Toulouse, il est un microcosme de luxe où la morosité du pouvoir d’achat inquiète peu. La rue Croix-Baragnon, à quelques mètres du marché couvert des Carmes, regorge de succursales des marques de prêt-à-porter les plus prestigieuses. Pour ces commerçants, Noël sera rose.

Pourtant, dans les boutiques de la rue, c’est le calme plat. « Il y a moins de fréquentation qu’ailleurs, mais ceux qui viennent ici achetent, explique Bénédicte Bonnet, responsable d’un magasin de vêtements de sports haut de gamme. Nous avons une clientèle d’habitués très fidèles qui sont peu touchés par la crise. »

Pour beaucoup d’enseignes de cette rue dorée, la satisfaction est de mise. « Depuis octobre, on constate même une forte augmentation de notre chiffre d’affaires, confie Grégory Troch, gérant des succursales d’un grand couturier allemand à Toulouse. On fait plus de grosses ventes qu’avant. » Sur les cintres de son magasin, pas de costume deux-pièces à moins de 700 €. Et la plus simple des chemises s’affiche à plus de 100 €.

Un panier moyen à 260 €
Quelques mètres plus loin, dans une toute petite boutique à l’abri des regards, on jubile, décomplexé. « La crise ? Regardez la crise ! » s’exclame une cliente, fourrure autour du cou, en ouvrant le sac qui contient ses achats. « C’est bon pour le moral, il faut consommer avant de vieillir, c’est comme le sexe ! » s’enorgueillit cette dame, qui se définit comme une rentière. La vendeuse, qui préfère garder l’anonymat, sourit : « Mes clientes sont là pour se détendre, c’est une thérapie. Il ne faut pas croire que les personnes qui dépensent des centaines d’euros par semaine le font parce qu’elles en ont besoin. Acheter est presque une maladie… »

Sur le trottoir d’en face, dans un magasin de décoration de luxe, on affiche également un large sourire. Ici, le panier moyen d’achats est de 260 € et peut aller jusqu’au millier d’euros. « On a vraiment l’impression que les gens se font plaisir depuis quelque temps. Nous constatons même une augmentation par rapport aux années précédentes. »

Une clientèle dont la responsable d’une enseigne concurrente se plaît à dresser le profil. « Toulouse est une ville de culture espagnole et donc de consommateurs, commente Nathalie Collin. Il y a un réel pouvoir d’achat ici. Des avocats, des médecins et des cadres dirigeants prennent des postes importants dans les entreprises toulousaines et se doivent d’habiller femmes et enfants. » Pour eux, le Noël de crise annoncé a de grandes chances d’être un Noël comme les autres, tout simplement !



 

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