Les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) permettent de mettre en relation direct les agriculteurs et les consommateurs. Ce système de vente attire de plus en plus d’adhérents. Le seul obstacle à son développement reste la disparition progressive des petits paysans.
La région Midi-Pyrénées abrite actuellement 80 associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), dont 25 à Toulouse. Daniel Vuillon, agriculteur et initiateur du projet en France, a découvert les Amap aux États-Unis. En 2001, en plein débat sur la malbouffe, il décide de créer une Amap en région PACA. Aujourd’hui, la France en compte 1 500.
Comment ça marche ?
Pour créer une Amap, les consommateurs intéressés peuvent se rassembler en association loi 1901. Ensuite, il ne leur reste plus qu’à trouver un producteur. Pas si facile. Le manque de paysans reste l’obstacle majeur au développement des Amap. Daniel Vuillon l’explique : « Chaque année, 30 000 paysans disparaissent. L’accès au foncier est devenu trop difficile pour les jeunes qui souhaitent se lancer. » À Toulouse, l’Amap Estrapade a permis à Thibault Mellon, 22 ans, de s’acheter des terres sans avoir recours à un crédit. Contrairement à certains jeunes qui débutent seuls, il a eu la chance d’être formé par un agriculteur, devenu son associé. Thibault Mellon n’a pas peur de se lancer dans une profession souvent dénigrée pour son rythme de vie ou ses revenus précaires. « Je ne voulais pas d’un parcours tout tracé. Être agriculteur, c’est un style de vie. On commence à travailler avec le lever du soleil, on arrête quand il se couche. »
Une agriculture écologique
Pour Thibault, agriculture rimait forcément avec respect de la nature. Les agriculteurs « amapiens » s’engagent à n’utiliser aucun produit chimique dans leurs récoltes. Du bio avant tout. Même si la détention du label AB n’est pas obligatoire. Une agriculture saine, c’est ce que recherchent aussi les adhérents. Karine Mollet, 28 ans, vient dans l’Amap Estrapade depuis trois ans. Ce qu’elle désire, c’est trouver un goût différent des produits de la grande distribution. Et par là même occasion, aider un petit paysan à s’en sortir. Chaque « amapien » s’engage pour une saison, six mois en général. L’agriculteur est donc sûr de toucher des revenus. Pour répondre à ses engagements (ici un panier par semaine par « amapien »), le paysan doit rigoureusement veiller sur ses récoltes.
Adhérer à une Amap a un coût. « On trouve toutes les catégories sociales », se défend Daniel Vuillon. « Cela dépend de l’importance qu’on accorde à son budget nourriture. » Selon lui, 40 % des cadres font leurs courses dans des discounters. Jeanne Robin, présidente bénévole de l’Amap Estrapade explique : « On est là avant tout pour un projet économique commun, aider un petit producteur à s’en sortir ». Le but de Daniel Vuillon en créant sa première Amap était de rétablir une agriculture de proximité: « Une Amap doit permettre de créer de véritables liens entre les producteurs et les consommateurs ». Pour 24 euros, le panier proposé cette semaine par Thibault Mellon contenait assez de fruits et légumes pour nourrir un couple pendant plusieurs jours. Le prix est bien moins cher que celui des produits bio vendus dans la grande distribution. La marge des distributeurs étant supprimée.





