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Un lieu de mémoire menacé

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L’avenir de la Casa de España, la maison des associations espagnoles de Toulouse demeure incertain. La nouvelle génération n’a toujours pas pris le relais.

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La Casa de Epana est devenue un lieu incontournable pour ceux qui ont la nostalgie du pays. (Photo Yann Desnoue)
Dans la salle des fêtes, on ne compte plus les têtes chenues. Avec ses joueurs de cartes et de dominos, « la Casa » a des allures de maison de retraite. Laurano Roman, président de l’association Centro de España est résigné. « Dans quelques années, ce lieu va disparaître. La seconde génération d’immigrés ne cherche pas à renouer avec ses origines. Les Casa de España d’Agen, de Montauban et d’Albi ont déjà fermé leurs portes pour la même raison. » Le constat de Maria, membre de l’association Casa de Galicia, n’est guère plus optimiste. « Nous connaissons de grosses difficultés financières car nous enregistrons de moins en moins d’adhésions. Si personne ne fait rien, la mairie pourrait reprendre ses locaux. » Cet aveu d’impuissance contraste avec le discours de Pilar Ortuno, la présidente de la Casa de España. « Je suis persuadé qu’une génération va s’éveiller. Entre 30 et 40 ans, l’homme revient toujours vers ses racines », affirme-t-elle. La jeunesse délaisse le patrimoine familial car elle a peur de réveiller les blessures du passé. »
L’association très militante Solidaridad democratica pourrait lui donner raison. La majorité des membres a moins de 50 ans. Malgré son président, Juan José Castro, 71 ans, qui fait figure de doyen. Les adhérents le surnomment d’ailleurs « Pepe ». « La Casa de espana ne s’est pas assez ouverte sur la société, explique t-il. Elle pourrait attirer la jeunesse en menant des luttes sociales en faveur des travailleurs français et espagnols. » David AmadoVidal, 34 ans, benjamin de l’association, se sent investi d’une mission. « La Casa permet d’échanger avec nos aînés qui ont vécu la dictature. Nous avons le devoir d’assumer cet héritage douloureux. » Javier Rieso Marques, 46 ans, est également membre de Solidaridad democratica. Pendant son enfance à Toulouse, il ne s’est jamais intéressé à ses origines. « À 16 ans, j’ai reçu une carte de séjour. Pour la première fois de ma vie, je me suis senti espagnol. » Quelques années plus tard, Javier demandera la double nationalité. Il estime que « si nous ne perpétuons pas la mémoire espagnole, nous ne perpétuons pas la mémoire de Toulouse ». « Est-ce l’Espagne en toi qui pousse un peu ta corne ? » chantait Claude Nougaro, dans une ode dédiée à la Ville rose.
 

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