Plus de 2000 vélos sont réparés chaque semaine à l'atelier JC Decaux. (Photo Willy Roux)
À Toulouse, les vélos mis à disposition par la société JC Decaux, connaissent quatre fois plus d’actes de vandalisme que dans les villes de Marseille ou Paris. En une année, on dénombre déjà 526 vélos volés, 2 045 vandalisés et 161 bornettes détruites pour près de 2 000 vélos mis en circulation. Sans explication rationnelle, ces actes de vandalisme dégradent le service public de transport le moins onéreux de la ville. Pour Patrick Trégou, le directeur régional de JC Decaux « ils pénalisent tous les utilisateurs en général ». En une année, le renouvellement du parc a presque atteint les 100 %, un record, mais surtout un coût très élevé pour la société JC Decaux, et beaucoup de travail pour ses mécaniciens.
Un atelier en ébullition
À l’atelier mécanique JC Decaux, rue Brouardel, les différentes équipes ont fort à faire. Le magasinier note que les stocks de véloS et de matériel en tout genre (paniers, cadres, feux, pneus…) ont été revus à la hausse. Les six mécaniciens, qui réparent les vélos les plus endommagés sur place, n’avaient pas prévu autant de casse. « Je répare environ 37 vélos par semaine soit 7 à 8 vélos par jour », note l’un d’entre eux. Cette équipe de permanents est suppléée sur le terrain par douze mécaniciens. Équipés de grand vélo noir avec une petite remorque où sont stockés leurs outils, ces mécanos réparent sur place les casses les plus fréquentes, comme les crevaisons ou les problèmes de dérailleurs. Enfin, l’un des trois camions-remorques chargés du ravitaillement des stations est spécialement affrété pour récupérer les vélos hors station souvent arrachés de leur borne, voire repêchés dans le canal !
L’ouverture 24h/24 remise en question
Le plus souvent, les actes de malveillance ont lieu la nuit en centre-ville, parfois à l’aide de voitures bélier. Ce problème de vandalisme nocturne concernerait directement l’un des motifs de mécontentement des utilisateurs des vélôToulouse : la fermeture des stations entre deux heures et demie et cinq heures du matin. Initialement, la fermeture des stations la nuit est contractuelle entre la mairie de Toulouse et JC Decaux. Mais la nouvelle administration en place au Capitole souhaite une ouverture 24h/24, et « le plus vite possible », selon Bernard Marquié. L’adjoint au maire avance l’hypothèse de la frustration des personnes ne pouvant rendre un vélo la nuit pour expliquer l’incivilité des Toulousains : « Peut-être que l’inaccessibilité des vélos la nuit est un facteur d’augmentation du vandalisme ». Du coté de la société JC Decaux, on estime non sans raison que la plupart des casses ont lieu la nuit, d’où une certaine réticence à ouvrir les stations en permanence avant que le phénomène soit endigué. Ainsi, pour Patrick Trégou, « il faut s’atteler à gommer ces actes d’incivilité et de dégradation ». Quant aux moyens pour arrêter le phénomène ? La société JC Decaux compte sur une prise de conscience des Toulousains.





