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Frédéric Abela « La presse doit être indépendante mais ne peut pas fonctionner sans l’Etat »

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« Sans une presse libre, aucun combat ne peut être entendu », c’est pourquoi depuis 1985, l’association Reporters sans frontières agit dans le monde pour défendre les valeurs du journalisme. Frédéric Abela, journaliste à La Dépêche du Midi, est correspondant local à Toulouse pour RSF. Il revient sur son engagement et nous donne sa vision sur l’évolution des médias.

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L'association RSF se bat depuis 1985 pour la sécurité des journalistes. (crédit photo: Flickr)
En tant que correspondant local à Toulouse, quel est votre rôle au sein de RSF ?

Ma fonction est de parler de l’association, de nos rapports d’activités comme le baromètre mondial de la liberté de la presse, nos campagnes...Je fais surtout de la sensibilisation chez les jeunes, dans les lycées. C’est agréable car ce sont des élèves réceptifs et curieux, les médias pour eux sont toujours intriguant.

Pourquoi vous être engagé à RSF, il y a six ans ?

Lorsque l’on est journaliste, à un moment donné, on se pose des questions sur notre travail, le sens de notre mission, de notre engagement…En s’interrogeant ainsi, on rejoint directement le combat que mène RSF. Ces questions, ils se les posent à une échelle mondiale dans des pays comme la Chine, où la liberté de la presse est muselée, l’information a du mal à sortir. Finalement, en tant que journaliste, on se les pose aussi à notre niveau national.

Le départ du médiatique Robert Ménard de RSF a-t-il constitué une rupture dans la politique de RSF?

Non. Le nouveau secrétaire général Jean-François Julliard reste dans la continuité de la ligne de Robert Ménard. Ce dernier est parti au bon moment. Robert Ménard a décidé de dupliquer l’association dans un autre pays. Il a choisi le Qatar et, en ce moment même, il monte une nouvelle association. Stratégiquement, c’est un bon terrain pour agir. Le Moyen-Orient est une zone délicate pour le journalisme.

120 correspondants de RSF sont envoyés dans des zones dangereuses où la liberté de la presse connaît de nombreuses difficultés, aimeriez-vous expérimenter cette mission ?

C’est une bonne expérience de partir. J’ai eu l’occasion d’enquêter dans des pays sensibles, mais dans le cadre de mon travail à La Dépêche du Midi, pas pour RSF. J’aimerais tenter, même si c’est un engagement difficile.

En ce moment, on constate que RSF est très présent, avec Médiapart, pour contrer les Etats généraux de la presse. Quel est votre avis sur ces campagnes?

Si ces rassemblements débouchent sur quelque chose de concret, cela vaut le coup. Mais toutefois, on donne l’impression d’être au chevet de la presse dès que quelque chose ne va pas. L’idéal serait que cela entraîne un renforcement de la loi sur la protection des sources, la protection des journalistes, tout ce système là est encore trop aléatoire. Il y aura d’autres campagnes contre ces Etats-généraux dans les prochains mois.

Pensez-vous que les relations entre la presse et le gouvernement se sont aggravées depuis l’arrivée de M. Sarkozy ?

Le rapport entre la presse et le pouvoir politique a toujours été complexe. C’est un peu « je t’aime, moi non plus ». C’est sûr, il existe une relation de méfiance entre presse et pouvoir en ce moment. Mais d’un côté, si le pouvoir était trop complaisant avec les médias, ce ne serait pas forcément bien vu. Autant la presse doit conserver sa liberté et son indépendance, autant elle ne peut pas fonctionner sans l’Etat, et le coup de pouce financier qu’il délivre. Chacun doit rester dans son rôle même si ce n’est pas facile.

La presse représente t’elle toujours un contre pouvoir ?

C’est certain que si elle a un rôle à jouer, c’est évidemment celui là. Après la presse l’assume plus ou moins bien selon les médias. Par exemple, je suis effaré depuis l’arrivée de M. Mougeotte à la tête du Figaro, ce journal est devenu aliéné du pouvoir, à souligner positivement chaque action du gouvernement actuel.

Quel est votre sentiment sur la récente arrestation brutale de Vittorio de Filippis, journaliste à Libération, pour diffamation ?

Cela illustre que l’on n’a pas besoin d’aller en Chine pour trouver ce genre de choses ! Toutefois, il ne faut pas tomber dans l’excès de corporatisme pur et dur. Je veux dire que ce n’est pas parce que c’est un journaliste que cela est révoltant, c’est la méthode en elle-même, elle ne devrait pas être appliquée quelque soit la profession. Mais bien sûr, en tant que journalistes, ça nous émeut parce que c’est un collègue, puis c’est une histoire de diffamation. Il y a une disproportion énorme entre les reproches et la façon dont M. Filippis a été interpellé.
 
Commentaires (1)
1 Mercredi, 08 Juin 2011 18:08
je n' écris pas sur le sujet de l' indépendance de la presse, mais sur un tout autre qui me touche personnellement et sur lequel vous écrivez pour faire du sensationnel, sans rien savoir ou connaitre des faits. La personne qui vous donne vos renseignements, votre taupe doit avoir bien peu de respect pour les gens qu' elle cotoie et qui sont dans la détresse. Quelle aubaine pour vous de trouver des gens aussi bien informés et prêts à vous offrir des clichés qui vous rapportent des fortunes et qui ruinent une famille.
Si vous voulez faire un article intéressant, renseignez vous plutôt sur la dépression post-partum. Une maladie qui touche une femme sur cinq. Et çà, vous pouvez en faire la Une. Mais peut-être n' avez-vous jamais eu vent de cette maladie là. Plus facile pour vous de juger une femme sans comprendre, et tellement plus lucratif ...
Je reste à votre disposition pour vous permettre de réaliser un article sur ce sujet de société.
Mary

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