Unique en France : le Collège Bellefontaine de Toulouse s'associe au Freedom Theatre de Jénine en Cisjordanie.
Pour frapper un grand coup en faveur du développement culturel de la Palestine, Les Amis du Théâtre de la Liberté (ATL), initie le projet Liberthéâtre avec deux autres associations. Elles engagent ainsi le premier partenariat entre une troupe de théâtre de Cisjordanie et un collège français.
D'un côté, accueillir la troupe de jeunes acteurs palestiniens du Freedom Théâtre pour qu'ils jouent en dehors du camp de réfugiés de Jénine. De l'autre, initier au jeu théâtral les élèves d'une classe du collège Bellefontaine. Résultat escompté : présenter un spectacle ensemble au mois d'avril.
Les collégiens de Bellefontaine et les jeunes de Jénine vont écrire conjointement le dernier acte d'une pièce qui sera donc joué en deux langues. « Nous voulions faire se rencontrer les deux pays. Et les liens noués par la création deviennent toujours plus fort ».
Chantal Vuillemin, professeur de théâtre et membre d'ATL, intervient toutes les semaines à Toulouse. « L'art scénique permet d'explorer son univers en travaillant avec celui des autres. Il permet de repousser ses propres limites ». Les onze collégiens toulousains sont en classe de sixième. « Jeune, on n'a pas d'appréhension. Le théâtre leur ouvre un univers de sensibilité, d'étrange, d'inattendu, des sensations qu'ils n'imaginaient pas pouvoir venir d'eux-mêmes ».
"Un vrai rayon de soleil"
Les cours ont débuté le 8 octobre, et Joëlle Franchi, professeur de lettres, participe avec ses élèves à chaque séance. « Ils se sentent concernés par le rôle qu'ils jouent dans la pièce. Ils sont totalement investis dans l'échange et attendent avec impatience l'arrivée de leurs partenaires de jeu. »
Encore faut-il que les palestiniens arrivent. « À ce jour, il manque 72% du financement nécessaire. D'autant que le moindre soubresaut politique, récurrent dans la région, clouerait sur place la troupe du Freedom », note Alain Baggi, de l'association « 39 marches », partenaire du projet.
Rien n'est donc fait mais Joëlle positive. «Une centaine de personnes gravitent autour de Liberthéâtre, il faut que ça marche. C'est une première pour tout le monde. Et puis, les résultats sont tellement positifs avec cette classe. C'est un vrai rayon de soleil, pour un prof, de voir ses élèves s'éclater ainsi ».
Car si les jeunes de Jénine sont cloîtrés dans un camp de réfugiés du nord de la Palestine, les élèves de Bellefontaine ont l'horizon bouché par des barres de béton et la cheminée d'une usine à déchets. « Ici y'a pas l'armée dans la rue, mais c'est pas la joie tous les jours non plus » glisse Joëlle. Coincés au cœur du Mirail, les élèves de Bellefontaine, ne s'évadent que très peu. Ils habitent dans les tours qui encerclent le quartier et étudient dans le groupe scolaire de Bellefontaine : maternelle, primaire et collège. En moyenne plus de dix ans passés entre les mêmes murs.
Dans l'avenir, ATL multipliera l'expérience avec d'autres centres sociaux palestiniens et autant de collèges français que possible. Agrandir le rayonnement émis par Liberthéâtre pour développer « la belle résistance » en Cisjordanie et prolonger « les rayons de soleil » dans les classes françaises. Le Freedom Théâtre jouera à Mirepoix le 21 avril ; puis au théâtre Ernest Renan à Toulouse les 22, 23 et 24 avril 2009.
| Eclairage Le Freedom théâtre existe depuis 2006 à Jénine Son créateur, Juliano Mer Khamis, est le fils d'Arna Mer Khamis qui avait eu l'idée d'ouvrir une école de théâtre en Cisjordanie, alors que les autres écoles fermaient face à l'avancée militaire de Tsahal pendant la première Intifada. Le concept « d'art thérapie », aider les enfants à se libérer par la créativité, reçoit en 1993 le prix Nobel Alternatif de la Paix. En 1995, Arna Mer meurt d'un cancer, en 2005 l'école de théâtre est détruite lors de l'opération « Remparts » menée par l'armée Israélienne dans les territoires occupés. Pour continuer et rendre hommage au travail de sa mère, Juliano décide de fonder une structure professionnelle pour les arts et le théâtre. C'est la naissance du Freedom Théâtre au cœur du camp de réfugiés de Jénine. Comme la majorité des camps de réfugiés palestiniens, celui de Jénine est composé à 50% de jeunes de moins de 18 ans, sur une population de 16000 personnes. Le Freedom Théâtre a donc une réelle vocation « pédagogique et thérapeutique » pour ces jeunes coupés du monde, vivant dans l'absence d'espoir et la peur de l'occupation militaire. www.thefreedomtheatre.org theatrejenine@yahoo.fr www.france-palestine.org |





