
« Un toit pour tous : utopie ? » Voilà ce qu’on pouvait lire sur la banderole déployée sur la façade de l’immeuble, réquisitionné par les membres du Droit au logement (DAL), samedi 3 janvier à Toulouse.
Les militants se sont rassemblés samedi à 14h place du Capitole. La manifestation, rassemblant une cinquantaine de personnes est alors partie en direction de la rue Anatole France, lieu où la réquisition était programmée.
Vêtus de chasubles jaunes, et d’un masque blanc pour certains, ces manifestants entonnaient en cœur des slogans tels que « qu’est-ce qu’on veut ? Un toit ! », ou encore « application de la loi de réquisition », en référence à l’ordonnance de 1945 autorisant les réquisitions de logements vides pour les mal-logés. Une ordonnance qui, dans les faits, est très rarement appliquée.
Arrivé à une centaine de mètres du lieu où les manifestants projettent de s’installer, le convoi prend soudain de la vitesse. Les protagonistes craignent que la police ne soit déjà là pour les en empêcher. Mais arrivés au 42, pas un képi à l’horizon. Les protestataires peuvent alors vider tranquillement leur camion stationné devant l’immeuble. Et récupérer les matelas, couvertures et besoins de première nécessité.
Appartements vides depuis 2002
Elisabeth, retraitée est venue soutenir le mouvement. « On est malheureusement obligés de passer par des actions choc comme celle-ci » affirme-t-elle. Elle trouve que les pouvoirs publics ne prennent pas assez leurs responsabilités. « L’Etat ne fait pas son travail en n’appliquant pas la loi de réquisition. Nous, citoyens, on ne peut pas faire grand chose à notre échelle. Alors il faut soutenir les causes justes comme l’est celle du DAL ».
Au total, 42 logements ont été réquisitionnés dans cette résidence toulousaine. Ces logements, appartenant à un particulier, sont vides depuis 2002. Toutes les catégories sociales sont représentées dans le panel de nouveaux occupants. Jeunes, quadragénaires et personnes plus âgées. « Ce ne sont pas les demandeurs qui manquent », précise Catherine Kermoal, militante au DAL.
Cette militante est cependant inquiète. « Si la police arrive avant 48h, une procédure d’expulsion pourra être ordonnée » affirme t-elle. Mais passé ce délai, les occupants pourront rester jusqu’au 15 mars, date de fin de la trêve hivernale. Pendant cette trêve, les expulsions sont interdites en France.
Jozy, Franck, Saida et les autres ont donc pour le moment trouvé un toit décent. Ils peuvent commencer leur ménage, comme si ce logement leur appartenait.
La réquisition a eu lieu au 42, rue Anatole France. L’homme est notamment connu pour avoir participé à la fondation de la ligue des droits de l’homme. Tout un symbole.





