L'affiche du défi organisé par la Mairie de Toulouse
C’est Internet qui a réanimé ce thème musical du XVII° siècle. Près de 5 millions de personnes en ont déjà visionné sur Youtube la version rock du guitariste Taïwanais JerryC. Il s’agit de faire mieux et plus long que lui.
Le directeur de l’animation culturelle à la Mairie de Toulouse, insiste: «Pour qu’il y ait record, dit-il, il faut que des groupes aussi divers que le steel band Mambo Bidon, une chorale, quatre jeunes pianistes de l’école de piano, la fanfare balkanique Péplum, le groupe de jazz Méléfonik et un duo de guitaristes arabo-andalou jouent en continu sur un même thème».
Les répétitions s’enchaînent en fin d'après midi. Trente choristes entonnent la “Maladie d’amour”. Les dix groupes en compétition sont au boulot depuis un an et demi.
Sur scène un fou rire éclate dans la chorale à bout de souffle. Elle attend la reprise de la note par le groupe Mambo Bidon. Transition loupée, la quinzaine de membres du steel band n’étaient pas prêts. Rien de grave. Le défi ne commence que dans une heure.
Les couloirs du théâtre fourmillent de musiciens. Autour d’un buffet, on parle des derniers réglages. Dehors, sur l’escalier de service, un groupe de Cornemuse simule sa montée des marches du hall à la salle. Les membres de l’Orchestre de Chambre de Toulouse qui doit clôturer la soirée par la version originale du canon de Pachelbel arrivent uns à uns.
La Mairie de Toulouse fait de l’évènement une véritable «scène ouverte» pour les musiciens amateurs mais également pour le public. «La gratuité de la soirée et la présence de l’Orchestre de Chambre attirent du public, mais aussi le bouche à oreille», note Michel Mathe. Un public essentiellement composé des amis et famille des musiciens se masse dans le hall.
L'huissier de justice, M°Casimiro est l'homme-clé de la soirée : «Ma mission est de chronométrer le défi et de m’assurer de moins de quatre temps de pause entre les transitions afin de dresser un procès verbal» dit-il. 18h45 la soirée est lancée.
Les pianistes âgés de 14 ans de l’école de musique de Toulouse entament le fameux canon. Le public s’adapte aux différents styles musique et aux groupes qui se succèdent sur scène. Tantôt chantant, puis muet, bavard et distrait parfois, il danse, même, lors du passage du groupe Mambo Bidon.
Afin d’établir le record de trois heures de canon continu, la fin du spectacle est à l’identique du début, avec mêmes artistes et mêmes chants. Á son troisième passage, donc, le groupe Mambo Bidon soulève la salle. Le chronomètre affiche 03:00:00. Les artistes et le public exultent et dansent au rythme des musiciens du steel band.
Puis une dernière fois, la salle écoute la version officielle du canon de Pachelbel en Ré Majeur par l’Orchestre de Chambre de Toulouse. Le chronomètre s’arrête à 03h12min 43s, c’est un nouveau record du monde. Le défi Pachelbel réussi, déjà la rumeur d’un nouveau record du monde de six ou douze heures résonne dans le hall à la fin du spectacle.





