L'affiche du film "Che l'argentin". (Copyright Warner)
La partie sur le coup d’Etat contre le régime du général Batista nous enrôle pour ainsi dire aux côtés des révolutionnaires. Loin de dresser une statue en l’honneur du mythe révolutionnaire, Steven Soderbergh nous immisce dans le quotidien, oserai-je dire la routine de la guérilla. On se rapprocherait par moment d’une sensation de lassitude face au déroulement des évènements qui jalonnent la route vers la capitale cubaine. Les plans sont larges et longs permettant au spectateur de calquer son souffle sur celui du Che. Benicio del Toro, primé au festival de Cannes 2008, mérite son prix d’interprétation en médecin guérillero asthmatique, à la fois calme, charismatique et réfléchi. Mention spéciale à Demian Bichir qui joue le rôle de Fidel Castro (à voir en version originale pour apprécier l’intonation toute particulière de l’acteur qui donne au personnage du leader maximo toute sa hauteur).
En parallèle à la prise de La Havane, le réalisateur nous emmène à New-York en 1964 lors du déplacement du commandante Guevara à la tribune de L’O.N.U. Cet autre morceau de la vie du Che met en perspective les convictions politiques, la raison d’être et le fonctionnement de la révolution cubaine voulue par Castro et Guevarra face à l’impérialisme nord-américain. Ces passages, alternés avec ceux de la lutte armée, nous dévoile un Che fin politique face à une Amérique pour le moins acerbe à son égard. Comme un flash forward pendant le déroulement du coup d’Etat, les séquences à New-York démontrent l’aplomb politique du commandante. Une séquence croustillante fait se rencontrer le général McCarthy et Ernesto Guevarra au cours d’une soirée mondaine. Ce dernier remercie le général américain d’avoir lancé l’attaque de la baie des cochons en 1962. Un fiasco retentissant pour les services secrets américains face au peuple cubain.
Parfois lent, Soderbergh nous plonge dans une ambiance moite. Pas d’auréole pour le Che, car si l’on comprend le cheminement politique du révolutionnaire, Soderbergh semble s’égarer dans le portrait de l’homme à proprement parler. On plonge dans la guérilla mais on reste en surface du personnage.
La deuxième partie devrait voir la chute du commandante, la passion du révolutionnaire mort assassiné en Bolivie. Sortie de « Guérilla » le 28 janvier 2008.





