Frozen River nous donne des frissons. Premier film. Premier chef-d'oeuvre pour Courtney Hunt.
Crédit photo: Rezo Films
Pour son premier long métrage, Courtney Hunt séduit les cinéphiles. L’histoire paraît banale, en ces temps de crise. Ray est une femme seule. Abandonnée par son mari, elle subsiste dans le nord de Buffalo, avec à sa charge deux garçons. Loin du vieux rêve américain, l’honnête Ray se démène vainement dans un magasin, pour un salaire miséreux. Elle ne peut s’offrir son modeste rêve d’acquérir un nouveau mobile home. Dans les vastes paysages neigeux du grand nord, on frissonne à la vue de cette mère de famille en détresse, vulnérable et perdue. La rencontre d’une Indienne Mohawk va la faire évoluer. Pour subsister et sauver leurs familles, les deux femmes vont se livrer à un dangereux trafic de clandestins venus du Canada. Courtney Hunt signe ici un thriller efficace. Les personnages sont authentiques, pas de bombes américaines à l’écran et des hommes lâches qui délaissent leur famille. Chaque seconde, le spectateur est pris dans ce scénario haletant qui dérape peu à peu. Effet garanti par une alternance entre mise en scène rapide et plans rallongés.
Poignant, « Frozen River » révèle les dessous de l’Amérique profonde. Le long métrage fascine avec la mise en valeur des femmes fortes qui finissent, devenant épiques pour leur persévérance. On sent que la présence féminine, derrière la caméra, a cherché à traiter cette histoire indépendamment, loin des critères des blockbusters venus d’Amérique.
Bref Frozen River est un vrai coup de coeur dans ce monde ou l'on devient de plus en plus pauvre et miséreux et l'on espère de moins en moins de ceux qui nous gouvernent tant leurs costumes sont trop grand pour eux...