Dissimulée derrière un petit immeuble des années soixante, au fond d'une cour, se trouve une porte en bois anonyme derrière laquelle se tient le congrès local de fondation du Nouveau Parti Anticapitaliste. Un autocollant délavé sur la boîte aux lettres est le seul indice indiquant le lieu de fondation d'un parti qui, pourtant, veut s'adresser au plus grand nombre. L'assemblée élective prend place, il est vrai, dans le local qui était jusqu'alors celui de la Ligue Communiste Révolutionnaire.
Du nouveau monde
Cette salle était visiblement trop étroite pour accueillir tous les nouveaux militants du NPA. « Pour rendre les discussions possibles », les congressistes ont donc été divisés en deux assemblées distinctes réunies les dimanches 18 et 25 janvier. Les quatre-vingts chaises installées sont occupées. Ils sont une quinzaine à rester debout. Clément Venco, jeune militant et déjà, « ancien de la Ligue », aime rappeler qu'à Toulouse, la « dynamique de créer le NPA s'est traduit par trois fois d'adhésion». « Néo-militants » ou « primo-adhérents ». Ainsi se définissent presque toujours ces nouveaux venus, avant de prendre la parole. Si une grosse moitié des présents adhèrent pour la première fois à un parti politique, nombre d'entre eux possèdent déjà une expérience militante, syndicale ou associative. A l'image de David, leader ces dernières années d'un syndicat étudiant très actif à l'université du Mirail.
Parfois, le vocabulaire et le lexique employés diffèrent totalement. « Jamais membre d'un parti », un nouveau militant termine le tour de parole sur les statuts en précisant que « les questions d'organisations sont justement celles qui le dérangent dans les partis politiques ». Devant des trotskistes connus pour leur sens de l'organisation légendaire, il n'hésite pas à conclure « qu'il est parfois nécessaire que cela déborde, que cela se désorganise aussi un peu ». Michel, quant à lui, annonce que « le parti, afin de mieux communiquer, ne doit pas donner aux gens une image trompeuse ». Une diversité d'âge et de parcours, qui n'a pas troublé la sérénité des débats.
Les principes fondateurs, les statuts, la situation politique et sociale ont alternativement été abordés sans euphorie, stylos et catalogues d'amendements à la main. La discussion sur les élections européennes, première échéance électorale du nouveau parti, est de loin celle qui a retenu la plus grande attention parmi l'assistance.
« Parti Anticapitaliste et Révolutionnaire » ?
Les orientations du nouveau parti ne seront connues qu'à l'issue des débats locaux et du congrès national début février. Toujours est-il que le débat de dimanche sur le nom du futur parti est porteur de sens : malgré vingt et une propositions avancées, le Nouveau Parti Anticapitaliste risque de s'appeler le Nouveau Parti Anticapitaliste !
Un choix révélant que dans l'esprit de beaucoup de militants, le NPA se trouve dans une phase de transition qui ne s'arrêtera pas avec ce congrès. Même avec plus de 8000 militants revendiqués, la constitution du parti serait loin d'être terminée. « Ce congrès permet de faire le point, indique Maya Claret. Il s'agit d'un premier jet, on ne peut pas tout régler en une seule fois ».
Un nom de transition, donc, mais qui correspond à un projet anticapitaliste, dont le contenu continuerait d'être défini collectivement avec des nouveaux venus.





