Home Culture Sens dessus-dessous à la nuit de l'ICAM

Sens dessus-dessous à la nuit de l'ICAM

Envoyer Imprimer PDF

680 lectures
C’est un jour de tempête. Une tempête comme la France n’en avait pas connue depuis dix ans. Plane dans l’air une atmosphère d’ultime orgie. Pour la treizième édition de la nuit de l’ICAM, la décoration est soignée, la programmation relevée, les petits plats sont mis dans les grands pour une nuit sur le thème de l’explosion des sens.

dsc_0112
Samedi 24 janvier, plus de 3000 étudiants étaient présents pour la treizième édition de la nuit de l'ICAM. Photo Adrien Bodard
À l’entrée, la file d’attente s’étend sur cinquante mètres à l’heure de pointe peu avant 23 heures. Quelques convives ont déjà pris de l’avance sur l’horloge du bar. Rapide passage au vestiaire où des volontaires, désignés d’office, affrontent le froid tout au long de la nuit. Ils se réchauffent en assistant aux tout premiers effeuillages de la soirée. Les filles, encore fraîches, testent leurs sourires ultra bright et leurs décolletés pigeonnants. Face au bar de glace après une coupe de champagne, prendre à gauche direction l’œil du cyclone.

Sous les chapiteaux, les ambiances rock, fiesta, jungle et un mélange r’n’b-variété-française-blues-country-techno-jazz-smooth-bluetooth, rythment les premiers pas de danse. Un peu plus loin trône une énorme boule à facettes dans un cube de verre. Bienvenue dans l’Ice Empire, le cœur névralgique de la soirée.

dsc_0033
Le Casino, l'une des 10 salles de la soirée. Photo Pierrick Bonno
À l’étage, la moquette recouvre les murs des salles de cours pour une ambiance plus intimiste. En déambulant dans les couloirs feutrés, des sonorités jazz, salsa, disco s’entremêlent au fur et à mesure de la nuit.
À condition de pouvoir y accéder. Car pour des raisons de sécurité, seules 720 personnes peuvent monter à l’étage en même temps. Respecter le sens de navigation instauré par les organisateurs reste un des nombreux défis de la soirée. « Pour la montée à l’étage, on a adopté la technique des bracelets, mais avec des élastiques, quand vous descendez, on le récupère et ainsi de suite ». Grâce à ce système révolutionnaire, il est fort probable que sur 3000 personnes certaines n’aient jamais réussi à atteindre les salles du haut. Peut-être aussi parce qu’ils confondent la queue pour l’étage avec celle des toilettes, lieu incontournable de toute soirée qui se respecte. Bar-o-mètre de la nuit, le coin messieurs ressemble à une foire aux boudins où seules les filles sont acheteuses.
Les filles dans la nuit il y en a beaucoup, partout, souvent jolies, toujours sophistiquées et pour la plupart en talons hauts. Sempiternelle lutte de la gent féminine contre elle-même, chaque soirée à talons équivaut à des rangées de filles les pieds en pleurs, n’osant plus les poser au sol. À l’inverse, celles qui s’en accommodent virevoltent sur la piste de danse.

dsc_4519
Le défilé de mode a su attirer l'attention des étudiants.Photo David Segal
Trois temps forts dans la nuit. Le défilé de mode féminin à 23 heures réveille les (h)ardeurs des apprentis ingénieurs. À partir de deux heures, les Mancuniens de Kill the Young déchaînent les foules dans la salle rock. Enfin les Teenage Bad Girl, groupe électro français, surexcitent les derniers survivants à partir de quatre heures dans l’Ice Empire. Une programmation pointue mais qui n’est pas la seule attraction de la soirée. Derrière les strass et paillettes, dans les coulisses de l'ICAM, ça crépite dans les talkies-walkies. "Ouais, Simon? j'ai Kill The Young qui ont du retard. On se rejoint en salle psychedelium". Un discours incompréhensible pour qui n'est pas branché à l'oreillette des jeunes organisateurs de L'ICAM. Au total ils sont cent, et gèrent les imprévus, courant de salle en salle. Le moindre débordement est pris en charge par les 29 agents de sécurité supplémentaires. L’erreur n’est pas permise.

dsc_4654
Alors que les verres se vident, les civières se remplissent. Photo David Segal
Consigne valable aussi, pour les six secouristes présents à cette soirée. Repartis sur les deux étages, ils accueillent les fêtards trop ivres. Dans l’ensemble la population est jeune, tout juste majeure. Le tourbillon dans lequel certains sont entrés les dirige vers les infirmeries. Gregory, le chef infirmier affirme sur les coups de cinq heures que la soirée s’est déroulée à merveille. « Rien de grave. Des taux d’alcool plus
plus, mais rien de sérieux. » Pourtant, à minuit, une jeune fille accompagnée d’une amie vient se plaindre d’une douleur après une chute : "Je vous dis que j'ai mal, je ne peux pas bouger!" hurle-t-elle, pliée de douleur sur une civière dans le poste au premier étage. Un secouriste de la croix de Malte, assis à côté, tente de lui faire déplier sa jambe, persuadé d'avoir affaire à une contracture musculaire. Sa collègue interroge l'amie de la jeune fille: " Elle fait souvent de la comédie comme ça?" Une fois de plus, la faute reviendra à l'alcool. Plus tard dans la soirée, à l'infirmerie du bas, c’est la panique. Les pompiers, venus spécialement, s'activent pour brancarder la victime vers un hôpital. Il aura fallu deux heures et des cris de plus en plus insistants pour accorder du crédit à la douleur de la jeune femme. Arrivés à Purpan, les médecins diagnostiquent une double fracture du tibia péroné.

Pendant ce temps la fête bat son plein, les deux jolies filles de la mutuelle Vittavi postées à l’entrée font bonne figure en proposant des éthylotests, et des préservatifs. Elles s’appliquent à donner le bon exemple afin que les plus éméchés ne les confondent pas avec des cigarettes. Tentative parfois vaine. Il est l’heure des ultimes variations éthyliques. Les fumeurs allument leurs cigarettes à l’envers, les autres sucent le bar en glace pour épancher leur soif. Les derniers piliers s’accrochent au bar, désespérés de ne pouvoir échanger leurs dernières unités de boisson.

dsc_0277
La Nuit Icam, une explosion des sens réussie, dans tous les sens. Photo Héloïse de Montety
Selon Simon, vice-président du B.D.N, « le bilan de la soirée est plus que positif » Baisers langoureux, déhanchés communicatifs, regards laser… On attendait de cette soirée une explosion des sens. Pari réussi.











Adrien Bodard
Pierrick Bonno
Héloïse de Montety
David Segal



 

Lire d'autres articles de l'auteur

Commentaires (2)
2 Dimanche, 01 Février 2009 17:18
Bonjour,

L'ensemble des photos de la Nuit sera en ligne dans les prochains jours, à la rubrique "Reportage photo".

1 Samedi, 31 Janvier 2009 18:27
Les deux filles de vittavi!! il y' avait un homme aussi!!
Où peut on voir le reste des photos?

Ajouter votre commentaire

Votre nom:
Votre email:
Commentaire:
  Code de vérification. Lettres minuscules seulement et sans espace.
Code de vérification:

Portraits


 

Emmanuel Tricoire, un avocat born in Toulouse

C'est un garçon discret. Plus disert quand il défend la vie des autres que lorsqu’...
 

Retrouvez-nous sur

Retrouvez-nous sur twitterRetrouvez-nous sur Facebook

Actualité Toulouse Société - Actualité Toulouse Politique - Actualité Toulouse Economie - Actualité Toulouse Sport - Actualité Toulouse Médias - Actualité Toulouse Culture - Actualité Toulouse Environnement - Actualité Toulouse Libres propos