Samedi 24 janvier, plus de 3000 étudiants étaient présents pour la treizième édition de la nuit de l'ICAM. Photo Adrien Bodard
Sous les chapiteaux, les ambiances rock, fiesta, jungle et un mélange r’n’b-variété-française-blues-country-techno-jazz-smooth-bluetooth, rythment les premiers pas de danse. Un peu plus loin trône une énorme boule à facettes dans un cube de verre. Bienvenue dans l’Ice Empire, le cœur névralgique de la soirée.
Le Casino, l'une des 10 salles de la soirée. Photo Pierrick Bonno
À condition de pouvoir y accéder. Car pour des raisons de sécurité, seules 720 personnes peuvent monter à l’étage en même temps. Respecter le sens de navigation instauré par les organisateurs reste un des nombreux défis de la soirée. « Pour la montée à l’étage, on a adopté la technique des bracelets, mais avec des élastiques, quand vous descendez, on le récupère et ainsi de suite ». Grâce à ce système révolutionnaire, il est fort probable que sur 3000 personnes certaines n’aient jamais réussi à atteindre les salles du haut. Peut-être aussi parce qu’ils confondent la queue pour l’étage avec celle des toilettes, lieu incontournable de toute soirée qui se respecte. Bar-o-mètre de la nuit, le coin messieurs ressemble à une foire aux boudins où seules les filles sont acheteuses.
Les filles dans la nuit il y en a beaucoup, partout, souvent jolies, toujours sophistiquées et pour la plupart en talons hauts. Sempiternelle lutte de la gent féminine contre elle-même, chaque soirée à talons équivaut à des rangées de filles les pieds en pleurs, n’osant plus les poser au sol. À l’inverse, celles qui s’en accommodent virevoltent sur la piste de danse.
Le défilé de mode a su attirer l'attention des étudiants.Photo David Segal
Alors que les verres se vident, les civières se remplissent. Photo David Segal
plus, mais rien de sérieux. » Pourtant, à minuit, une jeune fille accompagnée d’une amie vient se plaindre d’une douleur après une chute : "Je vous dis que j'ai mal, je ne peux pas bouger!" hurle-t-elle, pliée de douleur sur une civière dans le poste au premier étage. Un secouriste de la croix de Malte, assis à côté, tente de lui faire déplier sa jambe, persuadé d'avoir affaire à une contracture musculaire. Sa collègue interroge l'amie de la jeune fille: " Elle fait souvent de la comédie comme ça?" Une fois de plus, la faute reviendra à l'alcool. Plus tard dans la soirée, à l'infirmerie du bas, c’est la panique. Les pompiers, venus spécialement, s'activent pour brancarder la victime vers un hôpital. Il aura fallu deux heures et des cris de plus en plus insistants pour accorder du crédit à la douleur de la jeune femme. Arrivés à Purpan, les médecins diagnostiquent une double fracture du tibia péroné.
Pendant ce temps la fête bat son plein, les deux jolies filles de la mutuelle Vittavi postées à l’entrée font bonne figure en proposant des éthylotests, et des préservatifs. Elles s’appliquent à donner le bon exemple afin que les plus éméchés ne les confondent pas avec des cigarettes. Tentative parfois vaine. Il est l’heure des ultimes variations éthyliques. Les fumeurs allument leurs cigarettes à l’envers, les autres sucent le bar en glace pour épancher leur soif. Les derniers piliers s’accrochent au bar, désespérés de ne pouvoir échanger leurs dernières unités de boisson.
La Nuit Icam, une explosion des sens réussie, dans tous les sens. Photo Héloïse de Montety
Adrien Bodard
Pierrick Bonno
Héloïse de Montety
David Segal






L'ensemble des photos de la Nuit sera en ligne dans les prochains jours, à la rubrique "Reportage photo".
Où peut on voir le reste des photos?