
Ce matin, les auditeurs du Mouv’ ont pu entendre l’un de leurs dix-huit flashs d’information quotidiens. La radio musicale n’a pas vraiment été perturbée par la grève nationale, contrairement à France Inter ou France Info. Les deux stations les plus écoutées du groupe Radio France diffusent en boucle de la musique depuis ce matin.
L’intersyndicale de Radio France a appelé ses adhérents à manifester pour la défense du service public. En ligne de mire, la nomination du président de France Télévisions par Nicolas Sarkozy, qui pose selon les syndicats la question de « l’indépendance politique, éditorialiste et stratégique » des entreprises de l’audiovisuel public. Ils s’inquiètent également de la pérennité du financement de Radio France. L’intersyndicale veut aussi soutenir les employés de RFI (Radio France Internationale), où un plan social en cours menace 206 postes.
Selon Laurence Audras, attachée de presse du Mouv’, cette grève a été moins suivie que les précédentes. Onze employés ont débrayé sur trente-sept. La radio toulousaine ne recense aucun animateur gréviste. La plupart sont employés en CDD. Un statut plutôt délicat pour manifester son mécontentement... À la rédaction, seul un journaliste sur neuf ne travaille pas. Le personnel technique est malgré tout touché avec six grévistes sur douze.
Vincent Rodriguez, rédacteur en chef adjoint de la station, a préféré assurer sa « mission de service public ». Informer. « Si je fais grève, le premier qui en pâtit, c’est l’auditeur ». Pour lui, un journaliste ne doit pas afficher son penchant politique. « Faire grève, c’est contester le gouvernement en place. Un journaliste doit transmettre une information de la manière la plus neutre possible. Personne n’a besoin de savoir si j’approuve les politiques de l’Etat ou pas ».





