En tête de cortège, des dizaines de salariés de Molex, en bleu de travail, font du bruit, corne de brume au poing, pour protester contre la délocalisation de leur usine. « Villemur, le village gaulois qui résiste au prédateur », peut-on lire sur leur pancarte. Salariés du privé, du monde de la santé, de l'éducation, retraités, chômeurs, étudiants. Tous les secteurs sont représentés.
Au milieu du cortège, une cinquantaine de salariés d'Axa assurances attendent que la manifestation démarre, à deux pas du siège régional de la compagnie. « Nous ne descendons presque jamais dans la rue, confie Alain Lubat, adhérent à la CFDT. Mais nous n'acceptons pas qu'une boîte qui fait des bénéfices délocalise au Maroc. »
Sans service minimum assuré dans les écoles toulousaines, les enfants ont accompagné leurs parents dans la manifestation. « Il y a au moins 5000 personnes ! », s'exclame une petite fille aux cheveux blonds. Mais elle est loin du compte.
Réquisition chez les pompiers
Pouvoir d'achat, délocalisations, conditions de travail, précarité : les revendications pleuvent. « Cette manifestation interprofessionnelle est l'occasion de montrer que nos revendications ne sont pas uniquement anti-sarkozystes », explique Patrick Clément, un cheminot membre du comité d'entreprise de la SNCF. Sous couvert de la crise, il est inadmissible que l'argent n'aille qu'au patronat. »
Devant les locaux des sapeurs-pompiers, allée Charles De Fitte, une dizaine de soldats du feu sont alignés sur le balcon. « Les trois quarts de nos effectifs sont en grève. Nous, on est réquisitionné mais on aimerait bien y être aussi », confie l'un d'entre eux.
D'autres non plus ne sont pas en grève. Mais ils travaillent, pancarte à la main. Comme cette rédactrice de la radio associative FMR. « Les médias sont en péril, alors nous aussi on proteste », affirme-elle.
Sur le pont des Catalans, Marie-Thérèse Vital , cheveux grisonnants, tient une banderole de la CGT retraités. « Nous voulons une augmentation de nos pensions, grogne-t-elle. Demandez à Nicolas Sarkozy s'il pourrait vivre avec 660 euros par mois. »
17h. Les premiers manifestants arrivent à Arnaud-Bernard. La queue du cortège, elle, vient seulement de franchir le pont Saint-Michel.





