La perspective d'un mouvement de grève inquiète les étudiants étrangers. (Photo Flickr)
« Parmi toutes les personnes qui ne sont pas là, toutes ne sont pas à la manif, regrette Adeline, une étudiante en LEA qui attend le début de son cours d’Espagnol en compagnie de quatre autres jeunes filles. Nous on est venues parce qu’on ne connaît pas les profs, il y a un peu de zèle. » Elle n’est pas hostile à la grève. « Peut-être que si ça s’était passé quinze jours après le début du semestre je ne serais pas ici mais à la manif. Le problème c’est qu’on n’a pas vraiment d’infos sur les motifs de la grève. Je ne veux pas suivre comme un mouton. »
En première année d’anglais Kaoutar et Yasmine travaillent leurs cours, seules dans une salle, et attendent un prof qui ne viendra pas. « Je ne savais pas qu’il y avait des grèves comme ça en France, raconte Kaoutar. J’ai une amie, marocaine comme moi, qui est à la fac de l’Arsenal, quand je lui ai dit que j’étais au Mirail elle m’a dit « il y a tout le temps des grèves ». Maintenant je comprends. Ce matin on était quatre, c’était le premier cours du semestre, normalement on devait être une vingtaine. »
Comme elle, d’autres étrangers se sentent perdus face à ces perturbations. « Je n’aime pas les grèves, explique une étudiante vietnamienne à Toulouse depuis deux ans. J’ai passé beaucoup de temps à préparer des cours, j’en attends beaucoup. Je suis un peu frustrée parce qu’après il va falloir rattraper et c’est dur. »
Le spectre du blocage
Jacqueline Jondot, enseignante-chercheur venue « pour faire cours et pas pour parler de politique » déplore elle aussi la forme que prend la contestation. « J’ai des étudiants qui viennent parfois de milieux défavorisés et ce n’est pas leur rendre service que de ne pas venir.»
Si elle souligne que « des réformes, on en a une par an et on est toujours là », elle s’inquiète cependant pour la suite du semestre. « Il y a des rumeurs de blocage qui courent, il faut s’y préparer. Connaissant la réputation de cette université, il faut toujours se préparer au pire. »
Pour Adeline et Yasmine, c’est à envisager. « Ca commence souvent comme ça, avec des AG et des grèves », relève Yasmine. L’hypothèse d’une suppression des cours n’est pas pour rassurer Maria et Eugenia. Ces deux Chypriotes avaient connaissance de telles grèves en Grèce mais ne savaient pas que c’était le cas en France. Maria ajoute : « On a choisi de venir ici, mais quand on entend des choses de ce genre, on regrette un peu ».






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