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AZF : de l’explosion au procès

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L’usine AZF (AZote Fertilisants) appartenait à Grande Paroisse, filiale du groupe Total. Le site a été créé en 1927 pour abriter l’Office national industriel de l’azote (Onia). En 2001, AZF emploie 470 personnes et est situé à 4 kms du centre ville.

21 septembre 2001.
10h17. Une explosion retentit. Le sol tremble, les vitres volent en éclats, une pluie de cendres s’abat sur la ville. La vie des 400 000 toulousains se fige. Effrayés, ils quittent leur domicile, leur travail, et partent à la recherche de leurs proches. Dix jours après le 11 septembre, les images des deux tours en feu se mêlent à la peur. L’explication tombe : AZF. Dans le hangar 221 de l’usine, un stock de nitrates d’ammonium a explosé. Le bilan est lourd. 31 morts, des milliers de blessés et des dégâts matériels considérables. A proximité de l’usine, tout est dévasté : habitations, écoles, entreprises. Les dégâts sont visibles jusqu’au centre ville. 85 000 personnes sont sinistrées. Le groupe Total versera par la suite deux milliards d’euros d’indemnités.

24 septembre 2001. Le procureur de Toulouse, Michel Bréard assure : « Nous privilégions à plus de 90% la piste accidentelle ». Une déclaration précipitée qui attise d’autres thèses : attentats, arc électrique, incendie, hélicoptères…

28 septembre 2001. Le procureur ouvre une information judiciaire contre X pour « homicides, blessures et destruction de biens involontaires ».

Novembre 2003. Le juge Thierry Perriquet reprend l’instruction. L’hypothèse de l’accident chimique reste privilégiée. Un employé d’une usine sous-traitante aurait déversé, par erreur, des produits chlorés dans le hangar qui stockait les nitrates d’ammonium.

Novembre 2004. Un non-lieu est prononcé pour neuf cadres et employés de l’usine mis en examen. Ils étaient soupçonnés d’avoir manqué aux règles de sécurité.

31 mai 2006. L’ancien directeur de l’usine, Serge Biechlin et la société Grande Paroisse sont mis en examen pour « homicides et blessures volontaires ».

20 septembre 2006. L’enquête est close. En mai 2007, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse rejette toutes les nouvelles demandes d’investigation.

9 juillet 2007. Le juge Thierry Perriquet ordonne le renvoi de Grande Paroisse et de Serge Biechlin devant le tribunal correctionnel.

23 février 2009.
14h. Salle Jean Mermoz. Le procès de cette catastrophe industrielle s’ouvre à deux pas de l’ancien site AZF. 1813 parties civiles, 200 témoins, 51 avocats… Et une seule personne sur le banc des accusés, Serge Biechlin.
 
Commentaires (2)
2 Jeudi, 26 Février 2009 22:52
D'un côté on nous explique qu'il faudrait 50, 100 voire 250 kg d'explosif pour faire sauter le tas de nitrate (et que donc l'attentat est impossible). De l'autre on affirme qu'une poignée de DCCNA en réagissant avec le nitrate et produisant alors environ 2 ou 3 kg d'explosif (le trichlorure d'azote) pas plus puissant que les autres explosifs, ça a largement suffit à faire sauter le nitrate.
Question: on nous prend pour des c... ?

Si on regarde les causes des accidents industriels liés au nitrate d'ammonium il n'y a que 2 causes: soit un incendie prolongé, soit un explosif dans la masse. A toulouse il n'y a pas eu incendie... Si quelqu'un a eu l'idée de mettre une charge de dynamite dans un des tas (reproduisant ainsi la catastrophe d'Oppau qui s'est produit le 21 septembre... 1921), peu de chance que ce soit un accident.

Voir:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d'accidents_industriels_impliquant_du_nitrate_d'ammonium

1 Mercredi, 25 Février 2009 21:42
Avant même le déroulement de l'enquête, le procureur avait désigné les coupables (et l'on appelle cela la justice). Le refus même d'examiner de nombreuses pistes est déplorable. Les écologistes en ont profité pour foutre en l'air l'industrie chimique à Toulouse et personne ne s'est demandé pourquoi la mairie de Toulouse avait accordé des permis de construire dans cette zone autrefois déserte en dehors des usines. Bravo §

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