Photo Flickr.
Toulousains, témoins et victimes souhaitent un procès à la hauteur de la catastrophe. Le début des audiences est prometteur. « Il y a désormais quatre personnes poursuivies dans ce dossier, » a déclaré Thomas Le Monnyer, le président du tribunal. Thierry Desmarest et son groupe rejoignent désormais la société Grande paroisse propriétaire d’AZF et son directeur Serge Biechlin sur le banc des prévenus.
Le tribunal a donné raison aux parties civiles qui demandaient la citation à comparaître de Total et son ex-pdg. L’avocat du groupe avait plaidé la non recevabilité de cette demande au motif que l’instruction avait déjà délivré un « non-lieu au moins implicite ». Le président du tribunal a donc décidé de ne pas juger pour le moment cette recevabilité. D’après Me Simon Cohen « si elle avait été jugée recevable, Total aurait sûrement fait appel et cela aurait bloqué le procès ». La recevabilité ne sera donc jugée qu’à la fin du procès, dans quatre mois. Une situation qui crée une confusion juridique. Total et Thierry Desmarest pourraient n’être que des « prévenus virtuels » si, in fine, le tribunal décide de déclarer irrecevable leur citation à comparaître.
Oui à l’indemnisation, non à l’accusation
Au lendemain de l’explosion, le groupe pétrolier avait mis 15 millions d’euros sur la table. Au final, il aura versé deux milliards d’euros pour dédommager les victimes. « La responsabilité objective est inscrite dans le droit, explique Patrick Timbart, délégué régional de Total. Nous étions tenus de rembourser les dommages causés par notre usine. » Pourtant, Total refuse d’assumer la responsabilité de l’explosion. Alors que l’enquête a mis en évidence des « négligences et manquements » au sein de l’usine. Pour le délégué de Total : « Les enquêtes faites a posteriori ne tiennent pas la route. C’est avant la catastrophe qu’il fallait tenir compte de rapports de l’inspection du travail ». Le groupe devra tout de même s’en expliquer devant le tribunal.
« Chercher ne veut pas dire trouver »
Aujourd’hui encore Total nie la thèse de l’accident chimique. « Elle n’est pas scientifiquement et suffisamment fondée », martèle Patrick Timbart. En sept ans, le groupe pétrolier a avancé beaucoup d’autres pistes : la SNPE , l'attentat, l'arc électrique… « Nous n’avons pas d’a priori sur les hypothèses. Malgré notre enquête nous n’avons rien pu conclure. Chercher ne veut pas dire trouver, » avance Patrick Timbart. Le doute qui plane sur les causes de l’explosion reste la meilleure défense pour Total.
Laura Philippon et Pierrick Bonno.






J'attend la suite avec impatience... comme beaucoup de Toulousains.