Une odeur à part, presque bizarre, envahit la cité, à mesure que les trufficulteurs arrivent. Avec leurs petits paniers, les producteurs se placent derrière une enfilade de bancs sur lesquels les truffes sont à peine dévoilées, dans un torchon à damier rouge. Une cordelette verte retient, face aux étals, une foule compacte.
Fernand Derey, Gersois de plus de 70 ans, roule les « r ». Ce qui ne l'empêche pas de mettre les points sur les « i » quant à sa présence ici : « Se fournir en truffes pour préparer les prochains foies gras ».
Costume sombre, cigare et BlackBerry allumé, Jean Saadi, cadre dirigeant dans une banque, est « venu faire des relations publiques ». Les mêmes raisons expliquent sans doute la présence de Philippe Guérin, vice-président du conseil régional, « venu avec des amis faire un parcours initiatique inversé ». « Après un repas 100 % truffes et la visite du marché, nous irons voir une démonstration de cavage (la récolte de truffe, NDLR). »
Alexis Pelissou, un habitué, apprécie « la frénésie du marché et l'émulation au moment de l'achat ». Patron du Gindreau, une des meilleures tables du Lot, et gros acheteur, il n'échappe pas aux deux équipes de télévision, britannique (Channel Four) et japonaises (NHK) , qui réalisent un reportage. Les touristes, parisiens ou même de plus loin, se mêlent de plus en plus aux professionnels et aux gens du coin. Une assemblée cosmopolite et hétéroclite qui a débarqué de manière quasi instantanée dans ce village reculé. Comme si les centaines de personnes présentes avaient été envoûtées par le champignon.
« Allô... Avis... Avis... Bienvenue au marché de Lalbenque... »,
crépite une voix inédite d'un haut parleur métallique. Le retrait de la corde signale le coup d'envoi. La première ligne est lâchée. Les transactions, de gré à gré, sont lancées. Acheteurs et vendeurs se chuchotent à l'oreille. Poignée de mains. Marché conclu. C'est terminé.
Un néophyte est gêné de négocier l'un des derniers sachets encore sur le marché. Restée pour la pesée, Anne-Marie, une retraitée de Toulouse, n'a rien pu voir. « Nous n'avons pas pu nous approcher et en cinq minutes, c'était fini. Mais l'essentiel, c'est ce que l'on ait pu sentir. »
Aux alentours de 15 heures, la rue est de nouveau déserte.
Le diamant noir du Quercy blanc reste secret
Enigmatique, le marché l'est tout autant que le champignon lui-même. Enterrées, personne ne peut dire où se trouvent les truffes et combien elles sont.
Avec 26 kilos de truffes présentés sur les étals, le marché du 24 février est peu abondant pour cette période de l'année. Interrogé sur la date de fin de la saison, Bernard Rey, secrétaire du syndicat des trufficulteurs répond tout simplement que « personne ne sait ». « Peut-être que la semaine prochaine, 100 kilos de truffes seront présentés », précise Alain Ambialet, le président du syndicat. Mais il « n'y croit pas trop en raison du manque d'humidité en octobre et en novembre ». Les secrets de la sexualité et de la nutrition de la truffe n'ont toujours pas été révélés. C'est pourquoi le syndicat des trufficulteurs a créé la « station truffe », un centre de recherches, dans les années 1990 au lycée agricole de Cahors-le Montat, une parcelle expérimentale d'étude pour permettre de mieux maîtriser la production.
« Personne ne détient la vérité », conclut Emile Mur, trufficulteur à Lalbenque. « Même en plantant des chênes mycosés, il peut ne pas y avoir de résultats. » Pour cet ancien exploitant agricole, la truffe « n'est pas du blé ou du maïs. Cela reste un champignon, avec un équilibre fragile !» Sous terre, le diamant noir du Quercy Blanc garde donc sa part de mystère.
Les croyances du passé, qui faisaient des truffes l'œuvre de la foudre et du diable ne sont plus d'actualité. Mais l'énigme de la truffe continue de charmer.
Fernand Derey, Gersois de plus de 70 ans, roule les « r ». Ce qui ne l'empêche pas de mettre les points sur les « i » quant à sa présence ici : « Se fournir en truffes pour préparer les prochains foies gras ».
« Allô... Avis... Avis... Bienvenue au marché de Lalbenque... »,
Un néophyte est gêné de négocier l'un des derniers sachets encore sur le marché. Restée pour la pesée, Anne-Marie, une retraitée de Toulouse, n'a rien pu voir. « Nous n'avons pas pu nous approcher et en cinq minutes, c'était fini. Mais l'essentiel, c'est ce que l'on ait pu sentir. »
Aux alentours de 15 heures, la rue est de nouveau déserte.
Le diamant noir du Quercy blanc reste secret
Enigmatique, le marché l'est tout autant que le champignon lui-même. Enterrées, personne ne peut dire où se trouvent les truffes et combien elles sont.
Avec 26 kilos de truffes présentés sur les étals, le marché du 24 février est peu abondant pour cette période de l'année. Interrogé sur la date de fin de la saison, Bernard Rey, secrétaire du syndicat des trufficulteurs répond tout simplement que « personne ne sait ». « Peut-être que la semaine prochaine, 100 kilos de truffes seront présentés », précise Alain Ambialet, le président du syndicat. Mais il « n'y croit pas trop en raison du manque d'humidité en octobre et en novembre ». Les secrets de la sexualité et de la nutrition de la truffe n'ont toujours pas été révélés. C'est pourquoi le syndicat des trufficulteurs a créé la « station truffe », un centre de recherches, dans les années 1990 au lycée agricole de Cahors-le Montat, une parcelle expérimentale d'étude pour permettre de mieux maîtriser la production.
« Personne ne détient la vérité », conclut Emile Mur, trufficulteur à Lalbenque. « Même en plantant des chênes mycosés, il peut ne pas y avoir de résultats. » Pour cet ancien exploitant agricole, la truffe « n'est pas du blé ou du maïs. Cela reste un champignon, avec un équilibre fragile !» Sous terre, le diamant noir du Quercy Blanc garde donc sa part de mystère. Les croyances du passé, qui faisaient des truffes l'œuvre de la foudre et du diable ne sont plus d'actualité. Mais l'énigme de la truffe continue de charmer.






