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Procès AZF : après les larmes, le doute

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Après les témoignages, mercredi, des familles endeuillées et des victimes de la catastrophe d’AZF, les médecins et les associations de victimes sont venus à la barre, ce jeudi après-midi. Les premiers doutes ont fait surface.
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Jacques Mignard, président de l'association des anciens salariés d'AZF. Photo archive Pierrick Bonno.
« L’enquête a été menée de façon bizarre (…) Nous vous demandons Monsieur le Président de tout mettre en œuvre pour répondre à nos interrogations », lance Jacques Mignard (lire notre portrait), le regard fixe, peu après l’ouverture de l’audience, jeudi après-midi. Le président de l’association des anciens salariés de l’usine AZF, Mémoire et solidarité, s’est exprimé à la barre pendant près d’une heure.

L’homme a fait part de ses doutes et questions, restés en suspens pendant sept ans et demi. « Pourquoi avoir attendu tant de temps avant d’annoncer le nom des employés décédés ?», demande celui qui a participé, le jour de l’explosion, à l’identification des corps. « Jacques Chirac parlait déjà d’une erreur de manipulation quelques heures seulement après l’explosion. Comment pouvait-il en être sûr ? »

L’ancien leader de la CGT a également voulu défendre ses anciens collègues. « Notre usine était très correctement tenue, ajoute-il, comme pour rappeler que l’association qu’il préside n’a jamais vraiment cru à la thèse officielle de l’accident industriel. Notre honneur a été bafoué par certaines personnes, certains médias. Si les ouvriers de l’usine n’avaient pas été là pour mettre en sécurité les ateliers après l’explosion, ce ne serait pas 29 ou 31 personnes qui seraient sur la liste des victimes mais beaucoup plus… »

Trois victimes indirectes indemnisées

Quelques minutes plus tôt, un long silence plane dans la salle d’audience. Neuropsychiatre, Louis Arbus était chargé d’une expertise après l’explosion. Mystérieux et un brin insolent, il répond qu’ « un expert fait de son mieux » lorsqu’une avocate des blessés lui demande de décrire les critères d’examen des dossiers médicaux pour l’attribution des « préjudices spécifiques ». Ces préjudices, notamment psychologiques, s'appliquent aux victimes d’une catastrophe pour calculer les indemnisations.

Le témoignage de la représentante de la compagnie d’assurance de Total et Grande Paroisse provoquera encore le doute, du côté des parties civiles. « Combien d’indemnisations pour décès indirects ont-elles été versées ? », demande une avocate des parties civiles. « Trois, seulement trois », répond-elle. « Il était pourtant question de 6 ou 7 personnes, quelques semaines après l’accident », lui rétorque l’avocate. Le témoignage s'arrêtera là.
 

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