Des femmes célébrant la Journée de la femme en 2008
Ces différences persistent dans le monde professionnel. Promotions plus difficiles à obtenir, salaires plus bas, etc. Oui, les femmes tombent enceinte, élèvent des enfants. Faut-il changer la nature humaine pour qu’elles obtiennent enfin les mêmes droits que les hommes ? Brigitte Grésy, inspectrice de l’Inspection générale des Affaires sociales (IGAS) devra rendre un rapport sur ce sujet au ministre du Travail, Brice Hortefeux, en juin prochain. Mais n’y a-t-il pas déjà une loi garantissant l’égalité professionnelle entre hommes et femmes ? Confère la loi Roudy de 1983. Entre la promulgation d’une loi et son effectivité, la route est longue. Alors une Journée de la femme, ça sert à quoi ? Les cyniques diront que « De toute façon, ça ne sert à rien. » Et ils auront raison. Un peu. Regardons cette semaine. Lundi : Journée mondiale de la prière. Mercredi : Journée mondiale de lutte contre l’exploitation sexuelle. Tout au long de l’année, les Journées s’accumulent à tel point qu’on les oublie. Mais perdue quelque part entre la Journée sans voiture et la Journée de la montagne, la Journée de la femme fait malgré tout son petit bonhomme de chemin. Car en parler, c’est avancer. Alors cessons de critiquer !
Il y a aussi ceux qui diront qu’après tout, aujourd’hui, les femmes ne sont pas logées à si mauvaise enseigne. En France. C’est oublier que cette journée est internationale. Oubliez la fillette du Yémen qui vient d’obtenir le divorce à 10 ans. Oubliez la jeune fille africaine excisée pour ne pas être tentée d’aller voir ailleurs que dans le lit de son mari. Oubliez l’exploitation sexuelle et les privations de liberté. Si le chemin parcouru dans notre pays donne de l’espoir, des millions de femmes dans le monde n’ont plus la force de croire en un avenir meilleur. Alors oui mesdames les Françaises ! Si vous pensez qu’avec votre carte de crédit perso, votre toute récente promotion obtenue sans être passée sur le canapé du boss, et votre « chéri » qui passe l’aspiro tous les dimanches matin, l’égalité est enfin arrivée dans votre pays : pensez un peu à celles qui vivent à des kilomètres de là. Là où féminité rime avec servilité. Car une Journée, ça sert à cela avant tout. Penser, soutenir, et encourager quelque chose de spécial.
Et pour les narcissiques qui veulent se faire plaisir, écoutez un petit pêle-mêle de chansons dédiées au sexe « faible ». Vous avez l’embarras du choix. A croire que les hommes sont totalement obsédés par vous. « Vous les femmes » d’Enrico Macias, « Femmes, je vous aime » de Julien Clerc, « Women » de John Lennon, etc. Juste pour penser avec un petit brin d’espoir qu’un jour tous les spécimens du sexe « fort » reconnaîtront que malgré notre sexe, nous sommes tous pareils. Des êtres humains.
Hélène Haus





