Cinq personnes sont en garde-à-vue après l'opération menée ce mercredi au supermarché Casino des Minimes.
Photo Adrien Bodard.
Photo Adrien Bodard.
L’action, une opération d’auto-réduction, se revendique solidaire. Objectif : sortir du magasin avec de la nourriture sans payer pour la redistribuer à des personnes en situation précaire. Une analyse qui n’est pas de l’avis du personnel du magasin qui rétorque que quelque soit la revendication, « on ne s’attaque pas à un outil de travail ». Le groupe avait prévu de mener des négociations aux caisses. L’opération ne se déroule pas comme prévu : dans l’urgence, les acteurs du mouvement sortent sans négocier et avec les caddies. A Saint-Sernin, des policiers en civil arrêtent des personnes du groupe.
Du côté des responsables du magasin, le choc est encore palpable. « On les a vus rentrer tous cagoulés, ils étaient une cinquantaine. Nous n’étions qu’une poignée à pouvoir les empêcher ». Le personnel a finalement réussi à récupérer un caddie avant que les étudiants se dispersent dans les rues de Toulouse. « Le pire, c’est que ces jeunes n'ont pour la plupart à peine 20 ans ! », s’offusque une caissière du magasin.
Depuis 13h30, la police effectue des rondes en face du Casino, « de peur qu’ils reviennent », s’inquiète le directeur de l’établissement.
Dès 15h00, le supermarché a entamé une procédure auprès de la police pour « vol aggravé ». Les cinq personnes en garde-à-vue risquent jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende. Les sept caddies qui ont été emmenés par les étudiants ont été ramenés au magasin en fin d’après-midi. Le montant total de leur contenu s’élevait, selon le magasin, à « 5000 euros ». En fin d’après-midi, 150 étudiants étaient regroupés devant le commissariat central de Toulouse par solidarité pour les cinq personnes mises en garde à vue.
| Née dans les années 70, l'autoréduction refait des émules dans plusieurs villes de France depuis la crise économique de 2008. L'opération consiste en une tentative de blocage des caisses jusqu'à ce que la direction du magasin laisse partir les participants avec les denrées alimentaires. Il s'agit ensuite de les redistribuer à des personnes dans le besoin. |
Adrien Bodard
Yann Foreix
Héloïse de Montety
12/03/2009 Précicion : de source policière, les personnes mises en garde-à-vue sont aujourd'hui sept.





Arrestations à Toulouse…
Mercredi 11 mars, 7 personnes ont été interpellées alors qu’une action collective d’autoréduction dans un supermarché de Toulouse venait d’avoir lieu.
Cette action, appelée par l’assemblée générale interlutte, avait pour but la réappropriation et la redistribution de denrées alimentaires. Alors que la grande distribution multiplie les profits nous avons toujours du mal à finir le mois, surtout les trente derniers jours. Face aux attaques continuelles contre nos conditions d’existence, cette assemblée interlutte veut agir concrètement pour une société solidaire. Ceci n’est pas une action isolée : partout en France des collectifs s’organisent et multiplient blocages économiques et autoréductions.
Cette pratique de lutte existe depuis plus de dix ans et sa criminalisation aujourd’hui participe d’une répression toujours croissante des mouvements sociaux.
Ces 7 personnes, toujours en garde à vue au moment où nous écrivons ces lignes, risquent une condamnation pour vol aggravé. Nous exigeons leur libération immédiate et le retrait des charges retenues contre elles.
Libération immédiate !!
Solidarité active.