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Réduction des moyens de lutte contre l'exclusion : la place du Capitole occupée

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Les travailleurs sociaux ont occupé la place du Capitole, dans la nuit de jeudi à vendredi, pour protester contre la diminution des moyens de lutte contre l'exclusion. Plusieurs centaines de personnes se sont joint au mouvement.
manif_fnarsPlusieurs centaines de personnes étaient rassemblées sur la Place du Capitole, hier soir. Photo Pierrick Bonno.
« Il y a des conneries qu'il ne faut pas faire, et en ce moment, c'est l'Etat qui est en train de les faire », prévient Sfinx au microphone place du Capitole. Avec d'autres, ce SDF est venu passer la nuit du 12 au 13 mars aux côtés des travailleurs sociaux pour les soutenir contre une diminution de leur moyen de fonctionnement.

En pleine flambée du chômage et crise économique mondiale, l'Etat a en effet annoncé la baisse des subventions des associations de lutte contre l'exclusion et d'aide à la réinsertion.
Au point de pousser les travailleurs sociaux à agir contre leurs principes. Ils ont fermé la grande majorité des centres d'accueil et d'hébergements, dernières portes ouvertes aux sans abris et aux plus démunis. Accueils de jour, de nuit et d'urgence, ces centres assurent aussi la gestion de la veille téléphonique du numéro gratuit 115. Les associations mènent également un travail de réinsertion en accompagnant pendant plusieurs mois des personnes en difficultés, logées dans des appartements des centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS). Un espoir et un tremplin pour Jean-Marc Villalonga qui recherche un « environnement plus sain et un accompagnement dans les démarches pour se sortir de la rue».

Les départements ruraux plus touchés

« La baisse de 5,8 % des subventions au niveau national s'est retranscrite par 4 millions d'euros en moins pour les 75 structures travaillant sur Midi-Pyrennées contre la grande précarité », met en avant Patrice Grondard au nom du Groupe pour la défense du travail social (GPS). Suivant une logique comptable du prix moyen à la place, cette réduction frappe plus fortement les associations situées dans les départements ruraux. Dans le Lot, le Gers ou l'Ariège, les associations plus petites pratiquent une facturation plus élevée qu'à Toulouse où elles acceuillent plus de monde. « Avec 20 % de budget en moins à Cahors, trois à six postes de travailleurs sociaux à temps plein sont menacés », tient à rappeler Philippe Javerliat, éducateur spécialisé. Dans des structures où 75% des charges sont des salaires, l'impact immédiat sera des licenciements de salariés.

Dans les discours, pourtant, les travailleurs sociaux défendent les exclus plutôt que leurs postes. A l'image de Béatrice, assistante sociale, convaincue de l'utilité sociale de ces emplois. « Il ne suffit pas de mettre sous un toit des personnes pour qu'elles ne soient plus précaire. C'est tout un travail de l'ombre, invisible qui permet aux personnes en situation d'exclusion de pouvoir s'en sortir». «Un véritable accompagnement social est délaissé au dépens d'une simple mis à l'abri», regrette aussi Daniel Chaumes, représentant la Fédération Nationale d'acceuil et de réinsertion sociale.

Les grandes tentes et les maisons en carton devant la mairie de Toulouse ont eu au moins un mérite. Après de nombreuses demandes de rendez-vous, les travailleurs sociaux seront reçus le 13 mars par la préfecture. Mais cela ne garantit pas pour le moment le maintien des moyens de ces associations. Cela n'empêchera pas non plus la reprise des expulsions, autorisées à compter du 15 mars.

La lutte contre l'exclusion dans la région.

Les 3000 places d'hébergement en Midi-Pyrénées accueillent chaque année 10000 personnes. Les dispositifs de veille sociale accueillent et rencontrent plus de 15000 personnes. Les huit services départementaux du 115 traitent plus de 70000 appels chaque année. Un travail mené par plus de 800 salariés dans la région.







 

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