« Il est inacceptable que des usines à risque perdurent en milieu urbain », dénonce Alain Ciekanski, président de l’association Les Amis de la Terre en Midi-Pyrénées. Onze usines sont toujours classées Seveso "seuil haut" en Haute-Garonne, dont sept dans l’agglomération toulousaine. Deux de ces installations sont implantées sur la commune de Toulouse. L’usine chimique Isochem (filiale de la Société nationale des poudres et des explosifs), située sur l’île du Ramier, continue son activité à proximité des quartiers Empalot et La Faourette, ainsi que du futur Cancéropôle.
Aucun plan approuvé en Haute-Garonne
« Sept ans après AZF, rien n’a été fait pour éviter qu’une nouvelle catastrophe ne se produise », dénonce Alain Ciekanski. La loi du 30 juillet 2003 prévoit l’élaboration de Plans de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) qui visent à limiter les effets d’accidents sur la population et l’environnement autour des sites Seveso à risque majeur. « Selon cette loi, tous les PPRT auraient dû être approuvés avant le 30 juillet 2008. Sept mois plus tard, aucun PPRT n’est mis en place en Haute-Garonne », s’inquiète Alain Rivière, conseiller municipal d’Escalquens, au sud-est de Toulouse.
L’élu avait écrit fin 2008 au préfet de Midi-Pyrénées, Dominique Bur, pour obtenir des explications. Sur les six PPRT prévus dans l’agglomération toulousaine, quatre sont en cours d’élaboration, mais aucun n’a encore été approuvé. Aucun arrêté préfectoral n’a pour l’instant lancé la phase d’études concernant les PPRT de Total à Escalquens et d’Isochem à Toulouse.
« Le législateur avait sous-estimé l’ampleur de la tâche », estime Christophe Pecoult, inspecteur des installations classées à la Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE) de Haute-Garonne. Selon cet ingénieur, les travaux préparatoires menés autour des sites Seveso constituent « un travail colossal », et nécessitent des délais supérieurs aux 18 mois prévus par la loi.
Pour Alain Rivière, le retard des procédures s’explique surtout par « l’absence de volonté politique » ainsi que par l’attitude ambiguë des différentes instances concernées par la création d’un PPRT. La préfecture de Haute-Garonne entretient la confusion sur la pertinence de cette argumentation en refusant de communiquer à ce sujet. « La mise en place d’un PPRT est à double tranchant. Les gens ont peur de vivre à côté d’une usine Seveso, mais en même temps, ils n’ont pas envie que leur maison soit classée dans un périmètre d’exposition aux risques, car elle serait automatiquement dévaluée », dénonce l’élu Vert. De plus, Christophe Pecoult précise que « les conséquences de la mise en place d’un PPRT sont lourdes. La loi prévoit des mesures pouvant aller jusqu’à l’expropriation » dans les périmètres d’exposition aux risques.
« Il faudrait interdire les usines Seveso »
« Les PPRT sont de toute façon insuffisants pour protéger les populations », juge Alain Ciekanski. « Il faudrait interdire les sites Seveso, mais surtout leur type de production », préconise le président des Amis de la Terre en Midi-Pyrénées. Cette association dénonçait la dangerosité de l’usine AZF « depuis le début des années 1980 ». Le souvenir du 21 septembre 2001 indigne le militant écologiste : « Qu’est-ce que les gens attendent pour se mobiliser ? Qu’il y ait un nouvel AZF ? ».
| Lexique Directive Seveso II : La directive européenne Seveso II remplace depuis le 2 février 1999 la directive Seveso créée en 1982. Ce texte communautaire impose aux Etats européens de se doter d’une politique de prévention des risques industriels majeurs. Seveso II vise les établissements potentiellement dangereux en les associant à des seuils de classement. Les sites dits "seuils hauts" font l'objet d'une attention particulière de l'Etat. PPRT : Créés par la loi du 30 juillet 2003, les Plans de Prévention des Risques Technologiques visent à limiter les effets d’accidents sur les personnes et l’environnement autour des sites classés Seveso II « seuil haut ». Dans l’agglomération toulousaine, quatre PPRT sont en cours d’élaboration : Esso à Toulouse depuis le 31 janvier 2007, Total à Lespinasse depuis le 28 février 2007, Total Gaz à Fenouillet et Gaches Chimie à Escalquens depuis le 10 mars 2008. L’élaboration des PPRT d’Isochem à Toulouse et de Total à Escalquens devrait débuter début 2009. |





On veut en finir avec l' industrie dans ce pays.
Ca veut dire aussi la suppression de beaucoup des produits de confort moderne issus (directement ou non) de ces usines.
Les problématiques environnementales sont bien trop complexes pour qu'il y est des réponses aussi simples.