Crédit photo: Survie
17 heures 40, Jeanne Uwimbabazi, présidente de l’Union, prenait la parole d’une voix calme mais chancellante, pour un mot d’accueil. La pluie tombait dans un silence pesant. Visages fermés sous les parapluies, une trentaine de personnes écoutaient religieusement la rescapée Tutsi. Des phrases brèves pour des vérités tranchantes. “Un million de personnes ont été tuées, juste parce qu’elles sont nées Tutsi”, “nous devons le garder en mémoire”, "la communauté internationale nous a oublié il y a 15 ans".
L’association Survie a rappelé “la responsabilité de la France dans ce massacre. Où étions nous? Que faisions nous?”. Jeanne Uwimbabazi, à travers cette commémoration solennelle, souhaitait “sensibiliser par notre présence”. Cela fait plusieurs années que ce rassemblement a lieu, mais “à Toulouse, c’est difficile de rassembler le monde. Le Rwanda est un pays lointain, les gens ne se sentent pas vraiment concernés”.“Mais nous voulons lutter contre le déni et le négationnisme”, martèle la Rwandaise. “Il y a une confusion énorme quand on parle de génocide rwandais, il faut absolument parler de génocide Tutsi. Sinon cela prête à confusion, on pense qu'il y a eu autant de morts du côté Hutu que Tutsi, or il n’y a pas eu de double génocide!”.
Surtout, insiste Jeanne, "il faut rétablir la vérité, c'est aussi une manière pour nous de reconstruire notre histoire".


