Home Politique La ville rose voit la vie en vert

La ville rose voit la vie en vert

Envoyer Imprimer PDF

732 lectures
Le parti Europe Ecologie a lancé mercredi à Toulouse sa campagne pour les élections européennes de juin. Tout le gratin politique écolo était présent à ce premier meeting national. Avec un seul mot d’ordre : le rassemblement.

europe_ecologie
Photo Yann Foreix
Le rendez-vous était pris à la Halle aux Grains mercredi 8 avril à 20h. Ils étaient tous là. Même « Dany » avec ses 40° de fièvre. Les têtes de listes de chaque région : Daniel Cohn-Bendit pour l’Ile-de-France, Yannick Jadot pour l’Ouest, Sandrine Bélier pour l’Est, Jean-Paul Besset pour le Massif central-Centre, Harry Durimel pour l’Outre-Mer Atlantique, Hélène Flautre pour le Nord-Ouest, Michèle Rivasi pour le Sud-Est. Rajoutez-y Cécile Duflot, secrétaire national des Verts et porte-parole d’Europe Ecologie. La célébrissime juge d’instruction Eva Joly, toute nouvelle recrue. Noël Mamère pour animer le meeting. Gérard Onesta, l’actuel député Vert européen du Sud-Ouest. Tous là dans un seul et même but : soutenir José Bové, star de la soirée et tête de liste dans la région. Sans oublier sa numéro deux : Catherine Grèze.

ec-eur-groupe1
Noël Mamer, José Bové, tête de liste Sud-Ouest, et Daniel Cohen Bendit, tête de liste Ile-de-France. (Photo Yann Foreix)
Rassembler pour mieux régner

Attention ! Il ne s’agit pas d’un meeting des Verts. Europe Ecologie a été créé pour les élections européennes du 7 juin prochain. Il rassemble des hommes politiques (comme Daniel Cohn-Bendit), des syndicalistes (comme José Bové), des militants du monde associatif (comme Sandrine Bélier). Tous convaincus que la crise économique actuelle est en lien direct avec la crise écologique. Jean-Paul Besset, tête de liste dans le Massif central-Centre a déclaré lors d’une des trois tables rondes : « Par la reconversion écologique, nous sommes porteurs d’une issue à la crise économique en créant des millions d’emplois en Europe. »

Beaucoup de discours, quelques propositions concrètes. Mise en place d’une taxe sur le kérosène pour financer les transports les plus propres, développement des énergies renouvelables, création de dix millions d’emplois en cinq ans dans l’UE, taxation des transports pour éviter les délocalisations, donner plus de poids aux régions pour diminuer les pouvoirs trop centralisés, combattre les discriminations (notamment envers les homosexuels, les femmes, etc.), accorder le droit de vote à tous les résidents européens aux élections municipales et européennes.

« Il faut sortir de Maastricht »

Salve d’applaudissements quand José Bové arrive au micro. Quelques fans se lâchent dans la salle « Joséééé ! ». Le symbole de la désobéissance civile s’énerve. « Il faut sortir de Maastricht et créer un Pacte de Coopération Ecologique et Solidaire européen. Nous devons tourner le dos à toute la construction libérale mise en place par la commission européenne et les Etats membres. » Le président de la Confédération paysanne a dénoncé la politique agricole commune (PAC) qui doit être réformée en 2013 : « On ne peut pas attendre 2013 pour s’engager pour le droit des peuples à se nourrir. Le droit alimentaire doit être inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Nous nous battrons contre les accords de Doha (ndlr : accords sur la libéralisation du commerce internationale de l’OMC). »

« Nous n’avons pas le droit de dire simplement « Non » aux Turcs »

Daniel Cohn-Bendit, dernier à passer au pupitre, répond aux détracteurs d’Europe Ecologie : « Nous avons surmonté nos divisions. L’urgence est réelle. La crise économique, la crise écologique et la crise de la mondialisation créent une crise de la démocratie. »
« Dany le rouge » a dénoncé le revirement opéré mardi par le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, sur l’adhésion de la Turquie à l’UE. Ancien adepte de l’entrée de la Turquie, B. Kouchner s’est déclaré inquiet face au refus d’Ankara de soutenir la candidature du Premier ministre danois au poste de secrétaire général de l’Otan suite à l’affaire des caricatures de Mahomet. « Il se couche sous le paillasson de Sarkozy par le comportement d’Erdogan (nldr : Premier ministre de la Turquie), c’est un mensonge ! (…) Nous n’avons pas le droit de dire simplement « Non » aux Turcs. Si la Turquie change, elle a toute sa place dans l’Europe ».

Comme dans tout meeting politique qui se respecte, les concurrents ont été voués aux gémonies. « Sarkozy se plaint d’être fatigué : « Je travaille 24h/24h » a-t-il dit. Eh bien, comme disait Churchill : « Quand tu ne supportes pas la chaleur, tu sors de la cuisine ! ». » Le MoDem aussi en a pris pour son grade : « François a été touché par la vierge. Elle lui a dit : « La première fois que tu te présenteras aux élections présidentielles, tu feras un score à un chiffre, la deuxième fois à deux chiffres. La troisième sera la bonne. » Depuis il ne pense qu’à ça. »

Europe Ecologie ne veut pas d’un deuxième mandat du Portugais José-Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne. « Nous étions les seuls à hurler « Stop ! » contre Barroso », s’est vanté Gérard Onesta. « Un des responsables de toutes les erreurs qu’a commises l’Europe », selon D. Cohn Bendit.

Rejet de la directive retour

Le parti a fustigé la directive retour adoptée par le Parlement européen en juin 2008. Elle facilite le retour des immigrants clandestins, même mineurs. Leur réadmission est interdite pendant cinq ans. La mesure la plus décriée de cette directive reste l’augmentation à dix-huit mois de la durée maximale de rétention. Hélène Flaubre, tête de liste dans le Nord-Ouest a déclaré : « Nous obtiendrons l’abrogation de la directive retour. Nous serons plus forts que les barbelés. Nous allons obtenir des avancées pour qu’elles garantissent les droits de l’homme en Europe et ailleurs ». Noël Mamère a pour sa part dénoncé « la directive de la honte ».

La secrétaire générale des Verts, Cécile Duflot s’est félicitée d’avoir rempli une salle de 1 600 personnes. Ou presque. Pour Europe Ecologie, la campagne ne fait que commencer. Le parti refait son show dès jeudi soir à Brest et vendredi à Rouen. La chasse aux électeurs est ouverte. En 2004, dans le Sud-Ouest, le parti Vert n’a obtenu qu’un député, Gérard Onesta.


Hélène Haus et Yann Foreix

 
Commentaires (1)
1 Vendredi, 10 Avril 2009 11:12
C'est toujours la même chose ! Il y a un parti ( ou plutôt une fédération de partis : RPS) dans le rassemblement que les médias occultent systématiquement. Pourquoi ? Cela vous gênent d'avoir des partis autonomistes et européens en France ? Le fonctionnement fédéré ou les autonomies régionales vous gênent ? Il y avait à la tribune 2 représentants de cette fédération : Gustave Alirol, président du PartIt Occitan et de RPS et François Alfonsi, du PNC (corse) 2ème de liste dans le Sud-Est. Ça vous dérangerait de les citer ? En Bretagne, pareil ; présence de l'UDB sur la liste. Les partis de RPS en France sont représentés au parlement européen par le parti ALE (EFA) qui forme un groupe avec les Verts : Verts/ALE mais ça aussi, vous ne le dites jamais !
Josiane MARTY

Ajouter votre commentaire

Votre nom:
Votre email:
Commentaire:
  Code de vérification. Lettres minuscules seulement et sans espace.
Code de vérification:

Portraits


 

Emmanuel Tricoire, un avocat born in Toulouse

C'est un garçon discret. Plus disert quand il défend la vie des autres que lorsqu’...
 

Retrouvez-nous sur

Retrouvez-nous sur twitterRetrouvez-nous sur Facebook

Actualité Toulouse Société - Actualité Toulouse Politique - Actualité Toulouse Economie - Actualité Toulouse Sport - Actualité Toulouse Médias - Actualité Toulouse Culture - Actualité Toulouse Environnement - Actualité Toulouse Libres propos