Home Politique Consul des Etats-Unis à Toulouse : "Le G20 a servi de base de travail"

Consul des Etats-Unis à Toulouse : "Le G20 a servi de base de travail"

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Une semaine après les sommets du G20 et de l'OTAN, le consul des Etats-Unis à Toulouse, David Brown, dresse un bilan de ces deux réunions. Pour lui, il ne faut pas faire de faux procès à un G20 qui n'a pas les pouvoirs de prendre de grandes mesures.


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M. Brown, consul des Etats-Unis à Toulouse (Photo Consulat des Etats- Unis)
Peu de décisions concrètes ont été prises durant ce sommet du G20 alors que l'on annonçait une refonte du capitalisme... Qu'en pensez-vous?
Il n'y a pas de mesures concrètes, c'est vrai, mais le G20 n'a pas ce pouvoir là. Il n'y a pas de lois internationales, c'est donc aux pays eux-mêmes ou à l'Union Européenne de prendre des décisions. Le G20 a servi de base de travail. L'UE est toujours dans la construction du marché unique voulu par Delors. Si elle arrive à supprimer les autorités de marché nationale et à les remplacer par une autorité commune, on aura fait un grand pas dans la régulation des marchés.

Concernant les paradis fiscaux, on a vu la mise en place d'une liste noire et d'une liste grise. Cette liste grise où l'on retrouve Monaco ou le Liechtenstein n'est-elle pas finalement une mesure pour rien?
Il faut savoir que l'idée de ces listes remonte à l'époque où Schröder était encore chancelier allemand. Il désirait récupérer l'argent des riches allemands placé dans les paradis fiscaux. Mais l'UE ne pouvait pas prendre de décisions seule car il fallait l'accord, notamment, des Etats-Unis. De plus, elle se heurtait à la volonté de certains pays membres comme l'Autriche, la Belgique ou le Luxembourg qui sont des paradis fiscaux. La crise a en fait été une opportunité pour l'Europe de mettre plus de pression sur les paradis fiscaux puisque le G20 a plus de poids avec la présence des Etats-Unis. La liste grise est un début pour récupérer l'argent placé dans ces pays.

1000 milliards de dollars de dollars ont été attribués au FMI et à la Banque Mondiale. N'est-ce pas un aveu d'impuissance de la part des pays du G20 qui laissent ces deux institutions régler la crise?
Il ne s'agit pas d'une cession de responsabilité mais d'une reconnaissance que les pays pauvres, eux aussi victimes de la crise, ne pourront pas s'en sortir seuls. Il s'agit de minimiser l'impact de la crise sur les économies des pays en voie de développement. D'autre part, de nouvelles fonctions ont été attribuées au FMI qui sera chargé de veiller sur les applications des mesures anticrise et qui aura un rôle d'alerte. Cette augmentation du capital du FMI va permettre aux Chinois, gros contributeurs, d'avoir plus d'influence, ce qui était inévitable étant donné leurs réserves de fonds. Pour le président Obama, on a plus de chance de réussir ensemble, même si une politique pour tous ne marche pas, en raison de l'hétérogénéité des situations. Nous avons des organisations internationales qui n'existaient pas dans les années 30, il s'agit de bien les utiliser.

Certaines voix à gauche mettent en avant l'euphorie des marchés suite au sommet pour dire que ces mesures n'auront aucun impact...
Il y une grande résistance des pays contre la régulation des marchés boursiers de l'UE. Si elle n'arrive pas à se mettre d'accord, comment y arriver avec un système mondial. En réalité, il s'agit plus d'un objectif qui a été fixé, en ciblant certaines institutions comme les hedge funds. Et puis, n'oublions pas que les marchés ne sont pas rationnels...

Revenons maintenant sur le sommet de l'OTAN au cours duquel Barack Obama a réaffirmé l'augmentation des troupes en Afghanistan. Il est en désaccord avec de nombreux pays européens dont la France. Est-ce la solution?
La principale qualité d'Obama est de rassembler. Pour la nouvelle politique en Afghanistan, il a consulté beaucoup d'experts pour former une stratégie acceptable. Je doute que la position de la France soit une surprise pour lui. La plupart des pays soutiennent de nouvelles élections, on verra après.

Mais certaines personnes accusent l'occupation américaine d'être un terreau pour les Talibans. Qu'en dites -vous?
Je crois qu'actuellement il n'est pas question des Talibans, mais de se débarrasser d'Al-Qaïda. Les Talibans ne sont pas un problème tant qu'ils n'aident pas Al-Qaïda. L'objectif est de faire comme en Irak et d'utiliser les Talibans contre Al-Qaïda.

Ne risque-t-on pas de les légitimer si on coopère avec eux?
En effet, et c'est un sujet très délicat. Il s'agit là d'une question de Droits de l'Homme, et de droit des femmes en l'occurrence. Mais la politique est faite de prise de décisions. Il faut ensuite vivre avec les conséquences.

Parlons maintenant de la nomination d'Anders Fogh Rasmussen à la tête de l'OTAN. Etait-ce le bon choix connaissant l'opposition de la Turquie?
Obama a joué un grand rôle dans les négociations avec la Turquie. Je ne sais pas ce qu'elle a obtenu en échange. Il faudra voir si son influence grandit au sein de l'institution.

Justement, Barack Obama a semblé très proche de la Turquie ces derniers temps, notamment en plaidant pour l'entrée du pays dans l'UE. Est-ce stratégique? S'agit-il de semer le trouble au sein de l'UE ou de renforcer les liens avec un allié qui avait fait défaut en 2003 lors de l'invasion de l'Irak?
Déja, Obama a seulement déclaré qu'il soutenait la Turquie en tant que candidate à l'UE. Il ne dit à personne ce qui doit être fait. Ensuite, je pense qu'il s'agit plus pour lui de raisons philosophiques. Son histoire (issu d'un mariage mixte, il a vécu en Indonésie) fait que, pour lui, la diversité donne de la force. Il l'a répété tout au long de sa campagne. L'entrée de la Turquie renforcerait l'Europe. Et puis, je vais parler un peu de football. Dans quelle fédération se trouve la Turquie? Dans l'Europe...

Barack Obama a récemment déclaré qu'il était pour un monde sans armes nucléaires. N'est-ce-pas un peu utopique?
Il a également déclaré qu'il se pouvait que cela ne se fasse pas de son vivant. Le président a fait quelques propositions et il a commencé le processus avec la Russie et quelques organisations internationales. Il sait que les Etats-Unis doivent donner l'exemple. Il a simplement ouvert une porte, reste à savoir si quelqu'un va la pousser.

 
Commentaires (1)
didierFaribault
1 Dimanche, 07 Février 2010 08:45
Bonjour,
Dan Brown est égal à lui-même, depuis le Tchad ou je l'ai croisé et en France également, simple et plein d'humanité, à l'inverse de ce que beaucoup de français se font des américains. Mais qui croise Dan peut sans difficulté changer d'avis rien qu'en écoutant ses éclats de rire.... Bravo Dan amitiés, à bientôt en tout cas je l'espère.

Je serais très touché si j pouvais renouer quelques échanges avec ce globe trotter invétéré et avide de curiosité

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