Cécile Duflot, Secrétaire nationale des Verts. Photo Yann Foreix
Quelles sont vos espérances pour ces élections européennes ?
J’espère surtout que l’on parlera d’Europe. Avoir des députés européens, ce n’est pas seulement caser des apparatchiks français à des postes confortables. Le Parlement européen doit être le vrai lieu de construction démocratique de l’Europe, là où on peut mettre en place les politiques qui permettent de répondre à la crise globale que l’on traverse. Le combat européen pour les écolos c’est le combat majeur aujourd’hui.
Au sein d’Europe écologie, les Verts n'ont que trois têtes de liste sur les huit grandes circonscriptions. Les Verts sont-ils marginaux au sein de ce rassemblement ?
Les Verts sont très largement représentés et une des colonnes vertébrales de ce rassemblement. A nos côtés il y a beaucoup d’associations, des personnalités de la société civile. Tous les écologistes ne sont pas au parti Vert. L’important ce n’est pas l’étiquette mais la dynamique commune que l’on va constituer. Yannick Jadot et Sandrine Bélier viennent du milieu associatif. Ils ont participé activement au Grenelle de l’environnement. Ils se sont rendu compte que ce travail de pressions sur des élus « classiques » avait été un échec. C’est le sens de leur engagement sur les listes d'Europe écologie.
Avec des personnalités médiatiques d’horizons divers comme José Bové, Daniel Cohn-Bendit ou Eva Joly, les électeurs ne risquent-t-ils pas d’être divisés ?
Le temps est tellement compté que tous les écologistes qui ont eu des divergences savent qu’une mobilisation générale est nécessaire. C’est l’addition de ces différents courants qui crée un collectif plus vivant. Ces personnalités ne sont pas dans une logique individuelle. Je suis très fière que cette équipe travaille ensemble justement parce qu’elle est constituée de grandes personnalités.
La crise économique ne fait-elle pas passer la crise écologique au second plan ?
On vit la première vraie crise socio-écologique du capitalisme. Il faut changer de mode de développement. Après la crise financière que l’on a traversée, les analystes financiers qui prônait les plans sociaux n’ont qu’une seule chose à faire, c’est de se taire. La logique de la croissance pour la croissance est périmée. Il faut envisager la conversion écologique de l’économie, et de tout un pan de l’industrie notamment chimique, significatif ici à Toulouse. C’est aussi valable pour l’automobile. Il faut aller vers une autre forme de mobilité : au lieu d’être au chômage technique les salariés doivent pouvoir être à mi-temps à leur poste et le reste du temps en formation.
Propos recueillis par Yann Foreix et Victor Matet




