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Vent d'Ouest sur Toulouse

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Il y a comme un air de « Fest Noz » dans la rue Pont de Tounis. Les murs de l'école primaire occitane laissent filtrer les sons émanant des bombardes et des cornemuses de l'orchestre de « Breizh en Oc» (ndlr : « Bretagne en Occitanie »). Tous les mercredis soirs, cette association réunit les amoureux de la musique celtique.
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Tous les mercredis soirs, le vent d'Ouest souffle dans la salle Frédéric-Mistral. Photo Yann Desnoue.

De 19h30 à 20h30, les débutants s'initient aux instruments à vent. Au premier étage, dans la grande salle Frédéric Mistral, trois « sonneurs » de bombarde révisent leurs gammes. Dans la salle des professeurs, un groupe répète ses derniers morceaux. Ils se sont rencontrés grâce à « Breizh an hoc ». Un Allemand guitariste, un Messin percussionniste et un Mayennais flûtiste rassemblés autour de la même passion : la musique bretonne.

Au fond d'un long couloir, dans une petite salle de classe, Michel enseigne la cornemuse à deux groupes de quatre hommes. Les apprentis cornemuseurs apprennent à maîtriser leur respiration en soufflant dans des « practices ». Des flûtes avec un embout constitué de deux lamelles. L'initiation rassemble toutes les générations. Le doyen de l’association, Pierre, a arrêté de jouer de la cornemuse pendant cinquante-cinq ans. « J’ai réappris grâce à Breizh en Oc », raconte-t-il. A coté de lui, le concierge, nonchalant, passe le balaie. Il allume son baladeur mp3. Visiblement, cette cacophonie musicale l'agace.

« C’est l’heure de la galette ! » A 20h, Pierre Moreau et Julien Le Pape, les deux jeunes président et vice-président de l'association, appellent tous les musiciens à les rejoindre dans la salle Frédéric Mistral. C'est la première « Galette des rois » de l'année. Plusieurs bouteilles de cidre doux et de « Breizh Cola » sont disposées sur la table. Les plus audacieux se précipitent sur les gobelets. Devant une assistance clairsemée, Lina, membre du conseil d'administration fait un bref discours. Elle souhaite que l'ambiance au sein de l'association soit aussi bonne que l'année dernière. Les nouveaux font connaissance avec les anciens. Les bretons expatriés confient leur « mal du pays ». De son côté, Laurence organise une commande de Chouchen, l'alcool traditionnel en Bretagne.

« Allez, on se met au boulot ! » A 20h30, Yannick le « Pen Bagad », (ndlr : le chef d'orchestre) motive ses troupes. Après les débutants, place aux pros ! Les joueurs de bombarde et de cornemuse se séparent dans deux salles. Parmi les talabarders (ndlr : joueurs de bombarde), Gwénaël, 13 ans, brille par sa précocité. Alors que la majorité des élèves de son collège écoute le dernier rappeur à la mode, il est déjà un jeune virtuose de la bombarde.
Ses doigts grimpent, rebondissent sur l’instrument avec une agilité et une vitesse ahurissantes. Chez les cornemuseurs, les répétitions traînent en longueur. « Les instruments doivent monter en température. Les musiciens soufflent de l'air chaud pour pouvoir ensuite monter dans les aigus. La patience est une qualité indispensable », explique Sylvain, un ancien membre de Breizh an Hoc qui s'est récemment installé à Paris. Après une bonne vingtaine de minutes, le teint du visage des musiciens vire au rouge. Les cornemuseurs se reposent cinq minutes avant de commencer les répétitions.

A 21h 25, les deux groupes se rejoignent afin de former le « Bagad ». Ils forment un cercle. Yannick est au milieu. La plupart musiciens ont mis des boules quiès. Le port de ces ustensiles est essentiel. Les instruments à vent peuvent atteindre les 100 décibels. Les oreilles des étourdis souffrent. Dès les premières notes, les murs raisonnent.

La bombarde répond à la cornemuse dans une parfaite harmonie. Pendant quelques minutes, le « Bagad » abolit les frontières géographiques. Le vent d'Ouest souffle dans la salle Frédéric-Mistral. Yannick est survolté. Il claque des doigts et sautille sur le parquet. Pourtant, cet Occitan pur souche n'a jamais vécu en Bretagne. La musique lui suffit pour ressentir les embruns de la Côte armoricaine.
 

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