Philippe Maire, Claude Sabatié, Fernade Charpentier : des salariés de Molex devant les murs de leur site menacé de fermeture. (Photo Pierre Duquesne)
Avant d’affirmer qu’il était « déterminé » et « qu’il ne se laisserait pas intimider », le premier des deux dirigeants a qualifié cette séquestration « d’acte criminel » qui « n’était rien d’autre qu’une prise d’otage ». Il a également ajouté que toutes ces actions étaient pilotées de l’extérieur, étant donné le « décalage entre le professionnalisme avec lequel est gérée la communication, et le niveau intellectuel de certains salariés ».
Une provocation supplémentaire pour Thierry Bonhoure, délégué syndical Force Ouvrière, « à laquelle nous avons demandé de ne pas répondre pour montrer que nous étions les plus intelligents et les plus dignes ». Mais les propos des patrons ont été visiblement trop forts. Guy Pavon, délégué syndical CGT rappelle qu’ils « ont été retenus 26 heures dans de très bonnes conditions, alors qu’avec la fermeture de cette usine, ce sont nos emplois et notre vie qui sont en jeu ». Remettre en cause l’intellect des salariés a choqué Denis Parise, élu CGT au comité d’entreprise. « Notre niveau intellectuel est au même niveau qu’au moment du rachat. Molex ne nous a rien apporté et a simplement repris notre savoir-faire. S’ils doutent de notre intelligence, nous racheter était donc complètement dément». Sur les conditions même de la séquestration, des salariés ont mis sur le site de vente en ligne Ebay une enchère intitulée « Echange 26 heures de séquestration contre le maintien de mon emploi ». « Pauses déjeunées à heures fixes et régulières, eau en abondance, café, boissons chaudes, jus d'orange, un matelas pour dormir correctement » sont proposés aux internautes pour permettre la sauvegarde des emplois.




