Les films français défendront crânement leur chance. Alain Resnais est de retour à Cannes, après trente ans d’absence, pour les Herbes folles, avec un casting très familier : Sabine Azéma, André Dussolier, Emmanuelle Devos et Matthieu Almaric. Autre réalisateur dont on attendait le retour sur la croisette depuis De battre mon cœur s’est arrêté, Jacques Audiard nous revient pour présenter Le prophète, servi par l’inamovible Niels Arestrup. Gaspard Noé refera surface au palais des congrès cannois avec Soudain le vide qui s’annonce comme un moment fort des projections, sept ans après l’inoubliable séance d’Irreversible qui avait fait couler l’encre des journalistes de la terre entière.A noter, une séance spéciale, hors compétition, programmée à la dernière minute pour le premier film de Fanny Ardant Cendres et sang.
Une victoire à l'extérieur
Le cinéma hexagonal a un titre à défendre sur la croisette. Mais cette année, la victoire française, s’il y en une, pourrait se jouer à l’extérieur.
L’association de Johnny Hallyday, icône du rock français (belge ou suisse ?) et du réalisateur HongKongais Johnny To, accompagnés par Sylvie Testud, dans Vengeance éveille d’ores et déjà la curiosité. Autre surprise, l’ancien « King » de Manchester, Eric Cantona foulera pour la première fois les marches du palais des congrès. L’ancien joueur de foot joue le rôle principal du nouveau long-métrage de l’Anglais Ken Loach Searching for Eric .
Tous les espoirs sont donc permis pour assister à une belle récolte française le soir du palmarès sous l’œil bienveillant de la présidente française du jury : Isabelle Huppert.
Le festival international de Cannes reste avant tout une vitrine mondiale pour le septième art. C'est un fait, les films français marchent de mieux en mieux à l’export : 77 millions de spectateurs hors hexagone en 2008, selon l’hebdomadaire Le Film Français. Mais les palmes d’or ne construisent pas automatiquement des ponts dorés vers l’étranger. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les quatre plus grosses recettes à l’étranger en 2008 sont Astérix aux jeux olympiques de Thomas Langmann, Babylon A.D. de Matthieu Kassovitz, Taken de Pierre Morel et Le Transporteur 3 d’Olivier Megaton. Quatre longs-métrages qui n’ont pas, à priori, leur place dans la sélection cannoise.





