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AZF : premier bilan contrasté

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A mi-parcours, les acteurs du procès AZF, avocats de la défense, des parties civiles ou victimes, livrent leurs impressions sur les deux premiers mois d’audience, et leurs attentes pour les deux mois à venir.

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La salle Jean Mermoz accueille depuis deux mois, et jusqu'en juin, le procès AZF. (Photo AFP)
Quatre mois de procès. A caractère exceptionnel, durée exceptionnelle. Éreintant et palpitant à la fois. « C’est un vrai marathon », explique Thierry Carrère, avocat de la veuve d’un salarié de l’usine. La longueur du procès ne fait pas débat. Pour Jacques Monferran, avocat de la défense, « c’est une bonne chose pour aller au fond des dossiers ».
Car le procès se veut pédagogique. Tout est repris et analysé dans le détail. Le mérite en revient au président du tribunal, Thomas Le Monnyer. « On a le sentiment d’avoir un grand président, qui prend le temps d’écouter tout le monde pour ensuite mieux démonter les thèses impossibles », précise Christophe Léguevaques, avocat de la ville de Toulouse. Si le président fait l’unanimité, l’ambiance entre les parties civiles et la défense reste tendue. Mais comme le précise Thierry Carrère, l’attitude de Total a évolué. «Ils étaient arrogants au début, puis ils sont devenus plus respectueux. » L’avocat regrette tout de même « la disproportion entre les moyens illimités des prévenus et des parties civiles qui n’ont quasiment rien ». Une référence à l’armée d’experts cités par la défense et venus contrer les experts du tribunal.

Des parties civiles divisées

Le fait d’aborder la thèse de l’instruction, celle de l’accident chimique, à la fin du procès n’aide pas à atténuer les désaccords. « On assiste à un véritable procès inversé, explique Jean-Luc Forget, avocat de l’association Mémoires et Solidarité. On est obligés de parler de tout avant d’aborder la thèse officielle. » Jacques Monferran va même plus loin : « Le vrai procès n’a pas encore commencé, car la thèse officielle n’a pas été discutée. » Pour autant, Frédéric Arrou, de l’association des Sinistrés du 21 septembre, estime que « le ménage a été fait pour une grande partie des thèses ». Un sentiment partagé par la majorité des parties civiles. Mais pas par toutes.
Stéphanie Maséra, victime de l’explosion, regrette ainsi qu’il « reste des zones d’ombre ». Des propos repris par l’association Mémoires et Solidarité. En cause : certains témoignages, troublants et peu pris en compte selon eux. Autre dissension : la possibilité d’obtenir une réponse satisfaisante à l’issue du procès. La majorité des avocats des parties civiles sont confiants, convaincus que le procès conduit peu à peu à valider la thèse de l’accident chimique. Un sentiment nuancé par l’avocat Jean-Luc Forget, « pas convaincu par la thèse de l’accident chimique ». Si d’ordinaire, l’unité est de mise contre les prévenus, pour AZF, les rangs des parties civiles sont divisés. Inhabituel. Et la forte médiatisation de certaines thèses, dont l’attentat, a rendu la thèse officielle plus difficile à accepter par l’opinion publique.

Arthur CESBRON
Sylvain ROLLAND

Procès AZF, bilan et perspectives

Depuis le 23 février, et jusqu’à fin juin, se joue à Toulouse le procès historique de l’explosion de l’usine AZF. Retour sur dix semaines d’audience, entre tensions, émotions et coups de théâtre.

23 février, 14 heures. Ouverture du procès. La salle Jean-Mermoz, transformée en tribunal, est pleine à craquer. Victimes, témoins et public s’apprêtent à se replonger dans le traumatisme de la catastrophe. L’ambiance est pesante. Les flash des journalistes crépitent sur Serge Biechlin, l’ex-directeur de l’usine. Le procès débute, suivi d’un rebondissement : le tribunal reconnaît deux nouvelles victimes, décédées des suites de l’explosion. Leur nombre s’établit dorénavant à 31.

25 février. « Il y a désormais quatre personnes poursuivies dans ce dossier ». Le jugeThomas Le Monnyer accède à la demande des parties civiles.Total et son PDG Thierry Desmaret rejoignent la société Gra nde Paroisse, propriétaire d’AZF, et son directeur Serge Biechlin, sur le banc des accusés.

4-6 mars. L’émotion. Les familles des victimes et les survivants, dont certains toujours blessés, vie nnent raconter leur 21 septembre à la barre. Des témoignages poignants. Les perceptions de l’événement sont contradictoires, voire opposées. Le débat sur l’origine de l’explosion est relancé.

9-30 mars.
Comment fonctionnait l’usine ? Quels étaient les produits chimiques fabriqués ? Quid de la sécurité ? Le tribunal veut comprendre. Les exposés techniques se succèdent à la barre : le public déserte. Total fait venir ses propres experts, qui contredisent ceux nommés par le tribunal. Les avocats de la défense et ceux des parties civiles se livrent à un bras de fer de plus en plus tendu.

1-23 avril. Place à l’examen des thèses. Séisme, hélicoptère suspect, mé téorite, foudre, bombe de la Seconde Guerre mondiale, phénomène électromagnétique et thèse électrique sont tour à tour discutées… et réfutées par les experts.

16 avril. Enfin un consensus. Défense et experts se mettent d’accord : il n’y a eu qu’une seule explosion le 21 septembre 2001.

26-29 avril. Le tribunal examine la seule autre thèse restante : l’attentat. Le point d’orgue du procès pour beaucoup. Le public est de retour.

A venir.
En mai sera décortiquée la thèse du dossier d’instruction, l’accident chimique, soutenue par la plupart des parties civiles. Fin du procès : fin juin.

Sylvain ROLLAND
Arthur CESBRON

 

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Commentaires (1)
AZF
1 Mardi, 05 Mai 2009 11:44
Dossier complet sur AZF :

http://geopolintel.kazeo.com/AZF-l-histoire-d-une-raison-d-Etat,r115413.html

http://geopolintel.kazeo.com/Les-comptes-rendus-du-proces-AZF,r149341.html

http://www.youtube.com/watch?v=A6h9B2mQ88o&eurl=http%3A%2F%2Fgeopolintel%2Ekazeo%2Ecom%2FAZF%2Dl%2Dhistoire%2Dd%2Dune%2Draison%2Dd%2DEtat%2Cr115413%2Ehtml&feature=player_embedded

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