Chez les supporters des Rouge et Noir, il y a aussi des bleus : Cédric fait son premier déplacement avec le Huit, le plus grand club de supporter du Stade toulousain." A Cardiff, j'y suis allé avec des amis, mais pour le déplacement à Bayonne, personne n'était motivé ». Si Cédric part avec le Huit, c'est aussi pour l'ambiance.
A sept heures, les supporters sont là !
Mais le car ne partira qu'après sept heures et quart. En soute sont rangés tambours, drapeaux et glacières, ou le nécessaire du parfait supporter.
Impossible de quitter le monde de rugby même pour prendre l'air sur une aire d'autoroute. Au comptoir de la station sont accoudés des dirigeants du RC Toulon qui reviennent de leur match à Mont-de-Marsan. A l'extérieur, des bayonnais expatriés viennent blaguer.
Sur le parking, des Toulousains d'une autre amicale débarquent pour faire escale. Rencontre de chefs entre le Huit et le XV Tolosa, qui échangent deux ou trois infos avant que le bus ne reparte. Didier le policier, ne peut s'empecher de lire à voix haute le panneau autoroutier : « Bayonne, 51 », et de s'exclamer « c'est le bon chiffre ! ». La blague est aussitôt relayée de travées en travées.
En classe de sixième, Kéké, le fils du président, pourrait déjà être doctorant ès chant. Du fond du bus, il fait très bien travailler les cordes vocales de l'orchestre de la balle ovale. Qu'elles soient de « festayres », paillardes ou populaires, il en connaît un rayon en matière de chansons.
Plus l'on s'approche de Bayonne, plus sont repris les chants sur Toulouse. « La vierge rouge descendit... » « On a le cassoulet...et le bouclier on va le gagner... », reprennent les passager à mesure que le bus s'enfonce dans les faubourgs. Dans la cité basque en effervescence, les couleurs toulousaines détonnent parmi le bleu-ciel qui s'affiche jusqu'au ciel. Apéritif, pique nique, digestif, et apéritif, dans l'ordre et le désordre, puis direction le stade Jean-Dauger, l'Aviron bayonnais et ses fidèles par milliers.
Avec des billets pour la « tribune Pesage Honneur », les stadistes ont l'honneur de ne pas avoir accès aux tribunes ; ils ont le simple droit de s'aligner derrière des barrières. Entrés près d'une heure avant le début du match, les stadistes ne peuvent installer que deux grosses caisses au lieu de quatre. Après la magistrale reprise de la Baïona, l'hymne du club basque, l'arbitre donne le coup d'envoi.
Derrière le banc des remplaçants, les aficionados sont compressés et mal placés. Debout, même avec le grand écran, ils ne voient pas tout.Qu'importe, ils sont là pour supporter. Remercier les remplacés. Trembler quand les bayonnais sont sur le point d'égaliser. Et crier, quand la victoire est enfin sifflée. Ils n'hésitent pas alors à chanter la Baïona devant des basques pantois.
L'ambiance décolle dès que l'autocar redémarre. « A l'aller ca va, mais au retour c'est du grand n'importe quoi », annonce Fernand, un viticulteur du frontonnais qui a martelé sur la grosse caisse une grande partie de la sainte journée. Tout le monde est prié de se lever. Se frayer un chemin dans le bus relève du chemin de croix. Les bras se lèvent. Tout le monde chante. C'est la communion parfaite. Ca y est il n'y a plus d'incognitos dans ce bus où tout le monde porte le même maillot.






Merci encore et à une autre fois j'espère. (pourquoi pas pour le déplacement de la finale le 6 juin)
Roland CHAMPIER