Les étudiants du Mirail ont reconduit le blocage, lundi matin.
Pros contre antis
Aujourd’hui, les « anti » ont donné plus de voix que d’habitude. « Pays de merde », crie une étudiante… « Voter le blocage, c’est voter la violence ! », s’exclame Charlene du camp des « anti » : « Nous recevons des menaces tous les jours et on ne peut pas se faire entendre. Vous ne pensez qu’à vous. Ca vous fait plaisir de repayer une année ? Votre bêtise vous empêche de voir à long terme, il faut penser au présent ! » Quelques insultes fusent. « Je te mets au défi de trouver un bloqueur violent. On tient nos piquets à la salive ! », lui répond un étudiant. « On ne va surtout pas baisser les bras maintenant, se désole une autre étudiante. Le gouvernement criminalise les étudiants pourtant la plupart des professeurs sont avec nous. » Un professeur de géographie s’inquiète du « massacre des innocents » : étudiants boursiers, Erasmus, étrangers, étudiants à distance… Un étudiant propose de porter la lutte sur un terrain local pour redonner du souffle au mouvement: « Aujourd’hui nous demandons les transports en commun gratuits, l’arrêt de la collaboration entre la faculté, le Crous et l’Etat pour l’expulsion des étudiants sans-papiers, l’installation de crèches sur le campus… Si on obtient rien de tout cela, on aura tout perdu. » Les demandes font partie des revendications transmises à l’administration de l’université. Fin de l’AG. Un petit groupe d’étudiant part en action.
A 13h30, le cap est mis sur l’IUT de Blagnac. Le président de l’université a délocalisé son conseil d’administration dans les locaux. Les étudiants sont décidés à « séquestrer Filâtre » et l’empecher de décider de la tenue des examens. Après être rentrés par une fenêtre ouverte, une vingtaine de militants s’élancent dans les couloirs. Interceptés par les vigiles et arrosés de gaz lacrymogènes, ils sont évacués à l’extérieur. Dehors, les esprits s'échauffent. Plusieurs dizaines d'étudiants viennent d'arriver sur le campus de l'IUT. Quelques professeurs n’hésitent pas à les aider. « Je vous soutiens dans votre action, nous sommes aussi concernés par la LRU », explique l'un d'eux. La décision est finalement prise d’enfoncer une porte avec un banc. Malgré l’énergie déployée, elle ne cède pas. A l’intérieur de l’IUT, les hommes de la sécurité sont retranchés derrière des piquets. A l’extérieur, les étudiants du Mirail manifestent. Leur mot d’ordre : « Pour une fac éthique et populaire ! ». L’action se termine avec le départ du président. Demi victoire pour les étudiants : le Conseil d’Administration est annulé. Selon David, membre du mouvement étudiant, « l’université ne décidera pas de la tenue des examens sans prendre en compte les étudiants et les professeurs ! » Aujourd’hui une nouvelle AG entre étudiants et professeurs doit avoir lieu, objectif : discuter de la tenue des examens.





