Home Politique Dominique Baudis : « Les députés européens doivent incarner l’Europe dans leur région »

Dominique Baudis : « Les députés européens doivent incarner l’Europe dans leur région »

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Grand vainqueur des élections européennes du 7 juin, l’UMP remporte quatre sièges de députés sur les dix de la région Sud-Ouest. Entretien avec Dominique Baudis, tête de liste. L’ancien maire de Toulouse revient sur le scrutin, l’abstention et son rôle de député européen.
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Retour gagnant pour Dominique Baudis. L’ancien maire de Toulouse participait à sa première élection depuis son retrait de la vie politique, en 2001. (Photo Flickr)


Votre liste a réalisé 26,89% des voix dans le Sud-Ouest, soit presque un point de moins que le score national. Vous doublez tout de même le score d’Alain Lamassoure en 2004. Comment expliquez-vous ce succès, alors que le parti au pouvoir brille rarement aux élections européennes ?

L’UMP a réalisé son meilleur résultat depuis quinze ans en dépassant les 25%. De deux eurodéputés, nous sommes passés à quatre, alors que le PS a fait le chemin inverse. Au niveau national, les Français ont mesuré le succès de la présidence française de l’UE. Ils ont souhaité que les députés prolongent cette action en votant pour une Europe plus forte, plus politique, plus protectrice aussi envers ses citoyens. Un autre de nos atouts a été que l’UMP, comme les Verts, a fait une campagne sur des thèmes européens, et non pas sur la politique nationale comme le PS et le Modem. Les listes qui ont parlé d’Europe ont été entendues. L’écart traditionnel entre le score de l’UMP dans le Sud-Ouest et le score national, qui s’élève à quatre points si on prend l’élection présidentielle de 2007, n’est que d’un point sur cette élection. Je me suis beaucoup investi dans la campagne depuis le mois de janvier. J’ai parcouru 18 départements, ça a joué dans le bon résultat de ma liste.

Vous avez déclaré vouloir « faire exister le Sud-Ouest en Europe ». Maintenant que vous êtes élu, qu'allez vous concrètement faire pour le Sud-Ouest ?
Je vais suivre les dossiers sur lesquels je me suis engagé pendant la campagne : les lignes à grande vitesse (TGV), l’aéronautique, les grandes filières professionnelles comme le développement du tourisme, générateur d’emplois. C’est un travail qui demande du temps. Je déterminerai avec les électeurs, sur le terrain, ce qu’il faut faire dans chaque dossier, en prenant en compte l’avis de ceux qui sont directement concernés. Le problème du Parlement européen est qu’il est inconnu du grand public. C’est pour cela que je compte me rendre régulièrement dans la circonscription du Sud-Ouest pendant mon mandat. Pour rendre compte aux citoyens de mon action et recueillir leurs opinions. Le fait que je n’ai pas d’autres mandats locaux me donne une totale liberté de circuler dans toute la région.

Pourquoi, selon vous, le rôle et l’importance de l’Union européenne sont-ils si peu connus des citoyens ?
C’est un problème de communication. L’Europe apparaît lointaine des préoccupations quotidiennes. Il faut que quand l’Europe fait quelque chose, on le dise ! Quand on met en place un équipement dans une ville, par exemple un musée ou un gymnase, à l’inauguration il y a le maire, qui dit que la ville a participé à son financement. Il y a aussi le conseiller régional qui souligne le rôle de la région, ainsi que le conseil général... Par contre, personne n’est là pour dire que l’Europe aussi a aidé à financer, alors qu’il y a une subvention européenne qui, souvent, est indispensable pour la mise en œuvre du projet. C’est pour cela qu’il faut que les députés européens soient les promoteurs de l’idée européenne. Ils doivent incarner l’Europe dans leur région. Il faut qu’ils aillent sur le terrain pour dire aux citoyens ce que l’Europe fait pour eux. C’est ce que je ferai.

Justement cette méconnaissance se traduit par une abstention qui ne cesse de croître… 59,3% d’abstention le 7 juin, c’est un nouveau record. Est-ce que les partis politiques ne sont pas en partie responsables ?
Ni le PS ni l’UMP ne sont responsables de l’abstention en Pologne ou en Slovaquie. L’abstention est forte dans toute l’Europe. C’est un phénomène général, un problème global, commun à tous les pays européens. L’Europe apparaît trop lointaine, trop anonyme, pas assez incarnée.

L’abstention s’explique par des causes générales, mais aussi par des causes particulières à chaque pays. Les citoyens ont l’impression que les partis eux-mêmes se désintéressent des élections européennes. Est-ce que les partis ne sont pas, en fait, les premiers à considérer les élections européennes comme des élections de « seconde zone » ?
Les politiques ont peut-être une part de responsabilité car ils ne réussissent pas à mobiliser leur électorat sur les enjeux européens. Mais c’est aussi un problème de médiatisation : les médias ont à peine parlé de la campagne. Quand je fais un meeting dans un petit département devant 250 personnes et que personne ne relaie ce meeting, et bien seulement 250 personnes sont au courant de ce qui s’est dit. Les médias ont davantage parlé des petites phrases [ndlr : la polémique autour de Rachida Dati] que du fond, à savoir les programmes et les enjeux. Il faut que les partis politiques, les médias et l’Union européenne engagent une réflexion sur l’abstention et comment y remédier.

Vous êtes également président de l'Institut du monde arabe depuis 2007. Comment allez-vous concilier vos deux mandats ?
Le fait que je sois président de l'IMA (Institut du monde arabe) est un atout pour moi, notamment pour l'Union pour la Méditerranée, proposée par Nicolas Sarkozy. Mon action à l'IMA et mon mandat de député européen seront complémentaires sur beaucoup de sujets, car l'IMA est désigné comme un des acteurs principaux dans le dialogue interculturel entre l'Europe et les pays arabes. Mais je prendrai tout le temps nécessaire pour exercer pleinement mes fonctions de député européen. A l'Institut du monde arabe, je vais déléguer des responsabilités, notamment administratives.

Vous avez obtenu 30% des voix à Toulouse, un chiffre au-dessus de la moyenne départementale, régionale et nationale. Voyez-vous votre score comme un encouragement pour revenir dans la vie politique locale ?
Non. Obtenir 30% des voix à Toulouse était un résultat inespéré, qui montre le lien particulier que j’entretiens avec les Toulousains depuis mon action en temps que maire et conseiller régional. Une relation de confiance s’est nouée entre les Toulousains et moi. Ils m’ont fait confiance pour que j’exerce mon mandat de député européen, ce à quoi je vais m’atteler sérieusement.

Vous ne pensez pas briguer à nouveau le Capitole en 2014 ? Beaucoup aimeraient vous y revoir…
Il est beaucoup trop tôt pour engager une réflexion pour les prochaines municipales. Je n’y pense pas. La réflexion se fera le moment venu.
 
Commentaires (4)
Manuel3
4 Lundi, 08 Février 2010 01:11
Je pense que c' est au contraire,donc sont les deputés qui doivent porter la région,Notre Région jusqu'a coeur de l' Europe

spartacus
3 Samedi, 21 Novembre 2009 14:31
Le PS est une illusion !

Je vous invite d'aller voir ce blog vous serez déçus par les socialistes.
http://lafitte-vigordane-le-citoyen-vigile.over-blog.com

Jeffounet
2 Vendredi, 19 Juin 2009 19:55
Voila donc le Grand Dominique Baudis de retour dans le Sud Ouest. Durant la campagne, rien ne lui a été épargné, et pourtant le voilà élu. Effectivement, il a amené des propositions pour réaffirmer la position de notre région au sein de l'Europe et non pas simplement s'asseoir sur les lauriers de la présidence française..bon courage.

Defendons la LGV
1 Mercredi, 17 Juin 2009 17:32
Elus, associatifs, militants, citoyens, nous savons que le projet LGV,
future infrastructure d’envergure européenne, est de première importance
pour le Sud Ouest.

Nous en avons besoin pour relier rapidement le territoire au reste de la
France et de l’Europe, et en finir avec sa situation d’isolement.

Nous en avons besoin pour favoriser le développement économique et les
échanges avec l’Espagne, premier partenaire commercial de l’Aquitaine.

Nous en avons besoin pour lutter contre le réchauffement climatique car
elle favorise le report du trafic aérien et routier vers le transport
ferroviaire.

Pour défendre la Ligne à Grande Vitesse Grand Sud Ouest, signez la
pétition pour la reprise des études et de la concertation !

www.defendonslalgv.fr

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