De nombreuses chansons en arabe ont été reprises par un public conquis. (Photo Pierre Duquesne)
Des drapeaux algériens, tunisiens et marocains dans les airs. Une odeur de menthe qui s’échappe des tentes du village. Et quelques têtes recouvertes d’un voile. Le soleil de Rio Loco s’était couché sur les Balkans, l’an dernier, il s’est levé sur le Maghreb hier. Avec de nouveaux visages parmi les festivaliers.
Pour la soirée d’ouverture, les programmateurs du festival avaient voulu démarrer en force. C’est le très populaire Khaled qui est monté sur la scène du Pont Neuf. Et peu importe que cette figure du raï, la voix un peu cassée, ait semble-t-il pris un coup de froid sous la chaleur toulousaine. Pour Ishraf, « il a assuré, on en a pris plein les oreilles ». Une heure trente de concert où Cheb Khaled a interprété les titres de son nouvel album « Liberté », sans oublier de conclure son concert avec une chanson qui l’a rendu si populaire en France, Aïcha.
Khaled a repris les chansons de son nouvel album Liberté. (Pierre Duquesne)
Dans le village, des restaurants orientaux ont poussé sous les arbres de la prairie. Des jeux traditionnels - fetach, targui et osselets – et des structures musicales insolites, fabriquées à partir de roues de vélos et de bouteilles en plastiques, permettent aux petits et aux grands de participer à leur manière au festival.
« Ailleurs, c’est 20 € pour voir Khaled »
Rio Loco était habitué à un public très étudiant mais cette édition fait venir un public inédit au bord de la Garonne. Les étudiants sont toujours là mais pour cette première soirée, beaucoup de spectateurs d’origine maghrébine sont venus en famille pour voir chanter l’un des représentants les plus populaires de leur culture. « Vive l’Algérie », clament en français et en arabe, les plus passionnés, au bord de la scène.
Cheb Khaled a mis en étendard le drapeau algérien pendant tout son concert. (Photo Pierre Duquesne)
Tôt dans la soirée, c’est le batteur Karim Ziad qui inaugure la nouvelle scène du Pont-Neuf, en compagnie de Maâlem Hamid El Kasri. Alors que la prairie des Filtres se remplit petit à petit des ses 20 000 spectateurs, Karim Zyad convie le public à un voyage dans les montagnes de l’Atlas.
Le son des arabesques électroniques de Duoud clôt calmement la première soirée du festival. Ceux qui ont acheté leur pass pour les cinq jours semblent vouloir se réserver pour les prochaines soirées et ont déjà quitté le festival. « Le meilleur de tous, c’est Idir ! », lance un jeune à la sortie du festival. Le chanteur kabyle sera ce soir, sur la scène du Pont-Neuf.





