Jessica accueillait les personnes qui grimpaient dans la remorque du camion pour consulter les sexologues. (Photo Wilfried Pinson)
A y regarder de plus près, le semi-remorque n’est pas en plein milieu du parking mais à l’une de ses extrémités. Ainsi, peu de gens passent devant avec leurs caddies.
Pendant ce temps, Jean s’est assis sur l’un des canapés confortables du camion, détendu mais quelque peu désabusé. Il raconte la raison de sa venue : « J’ai parlé de mon problème au médecin et il m’a indiqué du viagra. Mais ça n’a servi à rien ! » Le psychothérapeute et sexologue Didier Blond, installé dans une cellule confinée qui sert de salle de consultation, souligne ce fait : « Les médecins, parfois, ne sont pas formés à la sexologie… » Sa collègue, Martha Pozeh, psychothérapeute et sexologue, précise : « Souvent, la sexualité n’est pas la priorité du médecin traitant. » Ce que Jean confirme : « Comme ce n’est pas vital, mon médecin n’y prête pas une grande attention », avant de rajouter : « On s’habitue mais ça gâche un peu la vie. »
Alors si on ne trouve pas de solution avec le médecin, à qui s’adresser pour résoudre son problème ? Comme beaucoup de personnes venues consulter, Jean est perdu. « J’ai peur de me faire arnaquer par des gens qui ne sont pas sérieux, je ne connais pas tout ça. Il me semble que c’est une jungle… »
Le sexologue Didier Blond confirme que les inquiétudes de Jean ne sont pas isolées : « Les gens ne savent pas qui aller voir : un sexologue, un andrologue (ndlr. L’équivalent du gynécologue pour les hommes)… » Et sa collègue de rajouter : « De plus, le sexologue est peu connu et le mot peut impressionner, faire peur. » Si parfois les gens ne vont pas voir leur médecin, ce serait est également car « on a l’impression qu’il faut être très malade pour aller voir un sexologue. Or un sexologue prend en compte la souffrance sexuelle ! »
Dédramatiser et rassurer
Dans une ambiance conviviale, les deux sexologues orientent et guident les personnes venues les voir. Véronique et Alain, un couple de 49 ans qui s’est déplacé car « c’était l’occasion », ressortent satisfaits de leur consultation. « C’était très bien, on a des pistes. On se doutait de ce qui n’allait pas mais c’est mieux de se l’entendre dire ».
Didier Blond l’affirme : « Dédramatiser et rassurer, c’est important... » Stéphanie, 20 ans, dynamique et souriante, confie à la sortie de sa consultation : « C’est rassurant. Je ne suis pas la seule, on a tous les mêmes problèmes. Je me dis que je ne suis pas un cas désespéré. »
Cette initiative aussi permet de briser le tabou, de parler, à l’image de François et Sophie, âgés de 29 et 24 ans. « Même si on l’a fait, c’est pas facile de parler de sexualité dans le couple. »
Et les couples sont nombreux à venir voir les deux sexologues. Globalement, les hommes, de tout âge, répondent plus présents que les femmes, plus rares. Si des personnes de 20 à 80 ans viennent consulter, c’est aussi parce que « la sexualité dont on nous parle est réductrice. Les gens ne trouvent pas de réponses à leurs questions », affirme la sexologue Martha Pozeh.
Après ces consultations, nul ne peut dire si les personnes venues poser leurs questions ou raconter leurs problèmes iront voir un spécialiste. Pour certains, comme François et Sophie, « c’est une première approche, un pas qu’il fallait faire ». Les sexologues ont pu apporter des éléments de réponse aux gens venus les voir. Même si Jean estime « qu’il faut mener des actions de ce genre plus souvent, des journées d’information, car en parler, ça fait du bien ! ».
Pour toutes questions sur les spécialistes, la sexualité..., vous pouvez consulter le site de l’ADIRS : www.adirs.org



Au contraire dans notre couple on parle beaucoup de sexualité.
Et ce n'était pas un cap à passer.
En tout cas chouette initiative à renouveler!!
Bonne continuation!