Tout le monde s’y attendait mais encore fallait-il le faire. La victoire à 5 points contre Bourgoin paraissait pour tous comme une évidence. Mais une mauvaise surprise est si vite arrivée. Les Toulousains ont fait le match qu’il fallait en étant sérieux et constants jusqu’à la dernière minute. Bien aidés – il est vrai – par une équipe de Bourgoin venue à Ernest-Wallon en victime. A aucun moment les hommes d’Eric Catinot ne sont venus perturber la belle mécanique rouge et noire.
30 minutes : le match est plié
Pourtant le Stade aura eu du mal à se lancer dans ce match. La blessure de Finau Maka dès la 7ème minute n’était pas pour rassurer Guy Novès. Le Tongien, qui fêtait hier son 200ème match sous les couleurs toulousaines, s’est résolu, la mort dans l’âme, a rater les tests-matchs de novembre avec sa sélection, coachée par son frère Isotolo. Après un premier quart d’heure plus qu’hésitant, les Stadistes ne doivent leur salut qu’au nouvel entrant Louis Picamoles. Lui qui est aujourd’hui l’un des meilleurs numéro 8 au monde perce le rideau défensif berjallien et sert un caviar à Florian Fritz, lui aussi très en vue hier soir. Dix minutes plus tard, c’est Lamboley qui visite la défense apathique du CSBJ et suite à une belle action collective, dont le Stade Toulousain a le secret, Cédric Heymans vient planter le deuxième essai. Le tout transformé par Jean-Baptiste Elissalde. Ce dernier, fort d’une réussite insolente face aux perches (100% de réussite), aura eu beaucoup de déchets dans le jeu, ce que le public lui fera remarquer à plusieurs reprises. 30 minutes de jeu, 20-0, la soirée s’annonce longue pour les coéquipiers de Julien Frier.
Kelleher embrase le stadium
De retour des vestiaires, les Berjalliens sortent quelque peu la tête de l’eau et leur buteur Antonio Di Bernardo débloque leur compteur. Privés de nombreux joueurs cadres et trop imprécis dans la transmission, ils ne pouvaient espérer guère mieux qu’une lourde défaite. Un score qui mit du temps à enfler la faute à des ratés impardonnables côté toulousain. Et quand le mécanique s’enraye, il y a Byron Kelleher. Quelqu’un doute-il encore que ce joueur est le meilleur demi de mêlée du monde ? Par ses percées phénoménales et sa vista, il a réveillé tout Ernest-Wallon. Il est à l’origine de l’essai du bonus de Louis Picamoles. 53ème minute, le contrat est rempli mais le Stade ne veut pas s’arrêter là. Les Rouges et Noirs ont retrouvé le plaisir de jouer. Oublié le traquenard du week-end dernier contre le Métro. Jean-Baptiste Elissalde regrettera, à l’issue du match, que le Stade « choisisse encore une fois ses matchs ».
Poitrenaud le voulait tant
Clément Poitrenaud retrouvait la compétition après des mois hors des terrains du Top 14. Il avait du feu dans les jambes hier soir. Très velléitaires – peut-être un peu trop selon une partie du public – il a multiplié les efforts pour marquer SON essai. La jouant un peu trop perso par moments, il en oublie ses coéquipiers en bout de ligne. L’arbitre lui refusera même un essai pour un en-avant inexistant. Poitrenaud n’aura pas marqué mais sa prestation laisse entrevoir de belles choses pour la deuxième partie de saison.
Florian Fritz et le talonneur remplaçant Albero Vernet-Basualdo conclut la fête toulousaine. Pas d’euphorie après le match. Guy Novès lâche un « satisfaisant » peu enjoué. Pourtant, le manager toulousain peut se réjouir. Son équipe, profitant du match nul (9-9) entre Castres et Clermont remonte à la deuxième place au classement. Et cela quinze jours avant de se déplacer à… Castres. Pour l’instant, place à la trêve internationale.
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TOULOUSE 41-3 BOURGOIN |





