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Lumières à demi-éteintes sur les cinémas de Toulouse

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Mercredi, entre 18 et 19 h, en réponse à l'appel de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF), les cinémas avaient éteint leurs enseignes. Tous sauf l'Utopia, qui conteste les difficultés économiques.
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L'enseigne du Gaumont paraissait bien allumée place Wilson à Toulouse. (Photo Anaïs Gerbaud)
Il est 18 h 15 allée du président Roosevelt. A la sortie du métro, les passants s'interrogent. Toutes les lumières extérieures du cinéma UGC sont éteintes. Celles des affiches, du porche, des montants, des horaires… Ce soir, il faut venir avec une idée précise du film et de la séance que l'on souhaite. "Vous savez ce qui se passe? Il y a une panne? On ne voit plus les horaires!" Les cinéphiles sont perdus et contrariés. Rares sont ceux qui ont vu les affichettes sur les vitres :"Vos salles de cinéma sont en grande difficulté". Martine et Michel, tous deux retraités, se croisent sur le pas de la porte pour émettre un même avis. "Oui c'est sûr, c'est facile à remarquer! Mais c'est plus emmerdant qu'autre chose, on ne peut pas lire les horaires." Un jeune cycliste, Olivier, a appris l'extinction nocturne sur internet. Il s'accorde pour dire que "ce n'est pas un moyen d'action visible."

Pedro et Paola vont au cinéma une fois par semaine. Eux non plus ne comprennent pas, malgré leur goût pour les salles obscures. "S'ils éteignent les panneaux, ça va pas les aider!", s'étonnent-ils. Quand on leur parle de baisse de la fréquentation, ils démentent aussitôt : " La dernière fois la salle était pleine!"

Perte d'équilibre économique
L'appel est signé de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF). Mercredi soir, tous les cinémas de France étaient invités à éteindre leurs enseignes pendant une heure. Au travers de cette action, la Fédération porte plusieurs revendications. Derrière elles, transparaît une seule crainte : la perte de l'exclusivité et la concurrence déloyale risquent d'entraîner une désertion des salles. Selon le communiqué, les investissements réalisés en vingt ans n'auraient pas suffi à rééquilibrer les finances des exploitants.

Pour exemple, " le coût de la construction d’un fauteuil a ainsi augmenté de 87% en dix ans, tandis que le prix du billet n'a augmenté que de 11%, moins que l’inflation sur la même période (19%)", déclare la Fédération.

Autre point de discorde, la taxe payée par les exploitants pour la location des films. Fixée actuellement à 50%, la Fédération demande 45%. Enfin, dans le cadre de la loi Hadopi, l'échéance de la sortie d'un film en DVD passe de six à quatre mois. "De plus en plus de salles ne sont plus en mesure de faire face aux échéances". La situation est-elle la même à Toulouse? Visiblement oui. Mais impossible de le confirmer, les directions de l'UGC et du Gaumont ayant refusé de s'exprimer.

Un peu plus loin, au Gaumont, la lumière éclaire bien l'établissement. Il est pourtant 18 h 30. La seule réponse du directeur adjoint du Gaumont survient sur ce sujet : les lumières de la ville, c'est-à-dire les lampes murales "sont gérées par la mairie". Résultat, l'opération est presque invisible.

L'Utopia refuse de constater une crise
A l'Utopia, pas d'enseigne, donc rien à éteindre. Mais un responsable, Guillaume Louradour, réagit tout autrement à l'appel de la FNCF. Pourtant victimes d'une baisse des entrées depuis cette année, il ne croit pas à une crise du cinéma en France et à Toulouse. A propos de la sortie des DVD plus tôt, il donne l'exemple du film "Good Morning England". "On le programme encore 2 à 3 fois par semaine. Il est sorti en DVD, mais c'est complet à chaque fois!" Idem pour les films diffusés simultanément au cinéma et à la télévision, comme "La journée de la jupe", "qui ont très bien fonctionné". Il défend une taxation constante pour les distributeurs, indispensable "pour défendre les petits films". Le téléchargement illégal est loin d'être une menace pour lui également. "Cela fait fonctionner le bouche-à-oreille!" Persuadé de l'évolution des habitudes, l'Utopia envisage la mise en place d'une borne pour clé USB, à 2 euros le film. "Il s'agirait de défendre des films peu distribués de cette façon." 

 

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