Le côté "Est" de la barrière qui coupe la place du Capitole en deux. (Photo Wilfried Pinson)
Que se passe t-il ? L’Ouest et l’Est seraient-ils d’accord ?
Cette barrière, symbolisant le mur, est recouverte d’un côté par des clichés historiques de l’ex-RDA et de l’ex-RFA. C'est la partie est du mur. De l’autre côté de la barrière, qui représente le côté ouest, on trouve des graffitis réalisés par des lycéens avec des messages de paix ou de liberté, qui alternent avec des panneaux blancs. Les Toulousains peuvent disposer de ces derniers pour écrire ce qu’ils veulent dessus. Cependant, la séparation a beau serpenter sur la place, elle n’est, pour certains, pas « assez grande ». Pour d’autres, comme Laurie et Aurélie : « Elle n’interpelle pas assez… » Cette dernière plaisante même : « Au début, je me suis dit : il est où le mur ? » D’ailleurs Ludivine n'est pas la seule à trouver presque dommage que la place ne soit pas réellement coupée en deux : « Je m’imaginais que la place du Capitole serait bloquée. »
« Nous n’avons pas voulu reproduire le mur… »
Friso Maecker, le directeur du Goethe institut de Toulouse est très clair : « Nous n’avons pas voulu reproduire le mur. Ce n’est pas sa réplique.» Selon lui, « reproduire le mur, ca va trop loin… ». M. Maecker poursuit : « On veut que les gens se rendent compte de ce qui s’est déroulé et réagissent. Qu’ils se mettent à discuter du mur de Berlin… »
L’objectif semble atteint. Si la première réaction des gens est en général de critiquer la barrière, ils trouvent que l’idée est bonne. Pierre-Edouard, 20 ans, bien que critique, reste quand même enthousiaste : « C’est très bien cette initiative. C’est un bon moyen de ne pas oublier. » Les deux copines blagueuses, Laurie et Aurélie sont d’accord : « C’est bien de parler de cet événement. En plus, ça relance le débat sur les initiatives européennes… » Christine et Annick, plus âgées mais tout aussi sympathiques, l’affirment : « C’est une bonne chose. Cela montre que les habitants de Toulouse sont concernés. C’est aussi un signal, ça peut se reproduire… » Ce lundi à 17h30, la chute du mur sera reproduite, une brèche symbolique sera faite dans la barrière pour permettre de passer plus facilement des deux côtés. Finalement, c’est cette Parisienne fraîchement débarquée qui est véritablement déçue : « J’étais pas trop contente car j’étais venue voir la place et avec la barrière, on ne voit rien ! »





Cette question trouvée sur le portail suisse Pnyx.com rappelle opportunément, vingt ans plus tard, le grand débat engendré par le célèbre article 'La fin du monde' de Francis Fukuyama, publié dans le numéro d'été 1989 de la revue 'National Interset' et reproduit par la revue 'Commentaire' dans l'édition d'automne de la même année.
2009 : comment les événements que la planète vit depuis un an doivent-ils être mis en perspective vis à vis de la fin de guerre froide ? Pour voir le détail du débat provoqué par cet article de Fukuyama, aller : http://www.pnyx.com/fr_fr/sondage/410
La question qui se pose aujourd'hui n'est-elle pas :
En 2008, dans l'immense clash planétaire du système financier, la dynamique engendrée depuis 1989 s'est-elle révélée une impasse ? 20 ans plus tard, 'l'Histoire' doit-elle finalement se réinventer ?
Ou au contraire, cette dynamique engendrée en 1989 reste-t'elle valide et la crise de 2008 n'est-elle qu'un 'incident de parcours' qui ne modifie pas le 'cap' engagé après la chute du mur ?