Crédit: A. Maillard
L’ambiance dans la salle est plutôt calme. La foule trépigne et fait passer le temps en commandant bières sur bières. Après une première partie assurée par les Dead Sexy Inc, guère convaincante, tout le monde attend que le duo face monter la température et donne un coup de fouet à la soirée. L’attente qu’ils suscitent donne une idée de la popularité qu’ils ont su acquérir au fil des ans. Toute déconvenue serait un crève-cœur pour les adulateurs de ce groupe qui a su donner à l’électroclash ses lettres de noblesse.
Musicalement, il n’y a rien à dire : tout est parfaitement léché. Les titres s’enchaînent sans temps morts et l’on sent que le duo a roulé sa bosse quand il s’agit de mettre le feu dans le public. « 1000 dreams », « life on mtv », « Ray-Ban », donnent le ton d’un électro qui ne renie pas ses accents punk et rock. La belle et pure brutalité des sons est amplifiée par les effets de lumières des panneaux lumineux postés devant les deux musiciens.
Crédit: E. Bonnamour
La voix et l’attitude de Miss Kittin, à la fois langoureuse et hypnotique, se marient parfaitement avec le stoïcisme de son partenaire. Elle : la silhouette magnifiée par une robe courte à paillettes, le regard sévère renforcé par une attitude dominatrice très clichée. Lui : cravate claire sur chemise sombre, très rockabilly, le regard perdu dans sa boîte à rythme et son synthé. Le tout pourrait être discordant et pourtant ça colle à merveille. The Hacker est impassible tout au long du show même quand Miss Kittin vient se poster près de lui telle une diva menant son compositeur à la baguette.
Cette mise en scène est en harmonie avec l’atmosphère de leur musique : inquiétante et séduisante.
Les thèmes abordés dans leurs chansons vont de la drogue au sexe en passant par la télévision. Autant dire que les clichés ont la dent dure. Le duo porte un regard acerbe sur la société en général et sur le monde du show-business en particulier. C’est ce qui fait la singularité de Miss Kittin and the Hacker : l’électroclash comme moyen d’observation de la société.
Crédit: E. Bonnamour
Peut-être qu’il manque au duo le peps de leur début. C’est le seul bémol de la soirée : le show semble aseptisé et rien ne dépasse. Il manque au duo de la spontanéité et de la générosité : le show ne dure qu’une heure et quart et aucun rappel n’a été fait malgré la demande du public. Bien que leur univers soit basé sur le contraste entre le sérieux des interprètes et le cocasse des paroles et la manière de les dire, on attend plus d’eux pour qu’ils puissent encore nous surprendre.






Bon son mais trop aseptisé.