Des élèves en train de "graffer" le mot liberté, comme on pouvait le voir du côté Ouest du mur. ( Photo Boris Marois)
Cependant, passer du papier à la réalité n’est pas si facile pour ces jeunes qui n’étaient pas nés en 1989 lors de la chute du mur. Par exemple pour Juliette, qui précise : « En fait j’arrive plus à m’imaginer la situation avec le film Good Bye Lenin. »
Même son de cloche pour certains élèves du lycée Victor Hugo, de l’International School of Toulouse et de la Deutsche Schule Toulouse qui participent à l’atelier graffiti. Maxence, dont l’accent allemand trahit son origine, est clair : « Je sais ce que le mur représente mais je l’ai jamais vécu, c’est un peu abstrait pour moi… »
Paume, graffeur du collectif Golden Army qui encadre les élèves, ne s’étonne pas : « Ils ne peuvent pas se remettre dans le contexte, c’est normal. Mais ça les implique et ça leur permet d’écrire comme les Berlinois… » Le mot liberté apparait sur la plupart des fresques en différentes langues, freedom pour l’anglais et freiheit pour l’allemand.
Si comme Manon des élèves tentent de « se mettre à la place des Berlinois », les professeurs voulaient également élargir le thème du mur.
« Tous les murs ne sont pas tombés… »
M.Kubis, professeur d’allemand au lycée Emilie de Rodat insiste : « Je voulais que l’on travaille sur le thème du mur dans sa globalité. Tous les murs ne sont pas tombés. » Ce dernier a réalisé un travail en amont avec ses élèves sur les murs que l’on ne peut pas toucher.
La démarche de M.Doumerg, professeur d’allemand au lycée Victor Hugo, est semblable : « J’ai voulu que les élèves travaillent aussi sur la notion de mur tout court et cherchent si il y en a encore … » Un travail nécessaire à entendre Katia et ses amis : « Non, on ne savait pas qu’il existe… », en parlant du mur entre Israéliens et Palestiniens. L’idée d’un mur dans une ville comme Berlin reste sûrement encore difficile à imaginer. Mais l’essentiel n’est pas là, et l’expérience de M.Doumerg le prouve : « Cette génération n’a pas connu la chute du mur et pourtant ce sont eux qui s’y intéressent le plus ! »




