Anne, assistante sociale au Planning familial de Toulouse explique à deux jeunes femmes comment poser un préservatif féminin. Photo Boris Marois
Sitôt arrivé, le visiteur est chaleureusement accueilli par Anne, une petite brunette aux yeux bleus rieurs, un discret piercing à la pommette droite. Tout en lui proposant une boisson, « café, thé ? », la jeune femme lui présente ses collègues : Mathilde, assistante sociale, fines lunettes rouges, cheveux bruns coupés courts ; Emilie, sociologue, grande, longs cheveux blond vénitien, et Judith, la stagiaire allemande, châtain foncé, le nez percé d’un anneau. L’intérieur est à l'image de la façade. La pièce principale est très simple, presque désuète : une petite table rectangulaire, quatre chaises, un ordinateur et un téléphone. Des affiches posées le long du mur témoignent d’un emménagement récent encore inachevé.
« La contraception, un levier exceptionnel pour l’égalité »
Anne sort un fascicule et commence à raconter la genèse du Planning familial.
« Cet été nous venons de fêter nos 35 ans de présence à Toulouse », souligne-t-elle avec fierté. Elle s’interrompt. Deux jeunes filles viennent d’entrer. Immédiatement, elle les conduit dans la salle d’entretien pour parler en toute tranquillité, entre filles.
Car le Planning familial de la rue Moiroud est avant tout un centre d’information et d’accueil. Les femmes, des jeunes filles pour la plupart, peuvent s’y rendre pour demander conseil sur la contraception ou les démarches à suivre pour une interruption volontaire de grossesse (IVG). Mais aussi pour parler sexualité, sans tabou, tout simplement. De plus en plus de jeunes hommes viennent aussi se renseigner, seuls ou en couple.
Le Planning familial participe d’ailleurs à un programme d’éducation à la sexualité dans les établissements scolaires de Toulouse et des environs. « On y parle beaucoup d’égalité hommes-femmes », précise Anne. Et de poursuivre : « La contraception a été un levier exceptionnel pour l’égalité [entre les sexes]. »
« Faites moit-moit’ ! »
Emilie, sa collègue, acquiesce en ajoutant : « Au Planning familial, nous mettons sans cesse l’accent sur la mixité. » Une notion qui peut pourtant paraître abstraite pour les jeunes, surtout les garçons. Alors, pour mieux faire passer la pilule, Anne a un argument implacable : « L’égalité passe aussi par la contraception. Lorsque j’explique à un couple qu’un anneau vaginal coûte 16€, j’ai souvent ce type de réaction : ’’mais c’est cher !’’ Alors, je leur réponds : ’’faites donc moit-moit !’’ C’est comme ça que j’amène le sujet de l’égalité hommes-femmes. » Pour les femmes du Planning familial de Toulouse, l’éducation à l’égalité des sexes passe aussi par la fin des stéréotypes sur les hommes : « Un homme a le droit de pleurer ! », s’exclame Emilie.
Et s’il reste encore du chemin à faire en matière d’égalité des sexes et de droit des femmes, Anne estime que les choses sont en train de changer : « Regardez, aux dernières présidentielles, nous avons eu une femme au deuxième tour. Toute considération politiques mise à part, c’est un bon signal pour les jeunes, filles comme garçons. »
Contact : Planning familial 31, 23 rue Ernest Moiroud, 31500 Toulouse. http://mfpf31.free.fr Tél : 05.61.25.54.17. Courriel : mpf31@free.fr




