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Wer sind die Berliner ?

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Après dix ans sur l’antenne de France Info et six ans de reportages autour de la planète, Bertrand Gallicher devient en 2006 envoyé spécial permanant de Radio France à Berlin. Il publie aux éditions de la Table ronde L’Allemagne au pied du mur, ouvrage dans lequel il décortique la société allemande.

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Photo D.R.
Vingt ans après la chute du mur de Berlin doit-on parler de l'Allemagne ou des Allemagne ?
Aux yeux de la communauté internationale, la réunification de l'Allemagne, intervenue moins d'un an après la chute du mur, apparaît depuis longtemps comme une évidence.
Vu de l'intérieur, de fortes différences subsistent. A commencer par le taux de chômage, deux fois plus important à l'Est qu'à l'Ouest. Depuis 1989, près de deux millions de personnes ont quitté l'ex-RDA pour aller s'installer dans les Länder (régions allemandes, ndlr) de l'Ouest, où les salaires sont plus élevés.
Pourtant en moins de vingt ans, des investissements colossaux ont permis de remettre à niveau les infrastructures à l'Est. C'est véritablement spectaculaire, lorsque vous comparez avec les photos prises à l'époque du régime communiste ! Le développement économique n'a pas suivi, et les "paysages florissants" promis par Helmut Kohl se font attendre. Dans L'Allemagne au pied du mur, je montre que dans les mentalités, subsistent aussi des différences profondes, faites d'incompréhension. Ces écarts montrent que l'on ne peut pas rayer d'un trait de plume quarante ans d'un système totalitaire, qui avait créé un Etat, donc une part de l'identité de ceux qui y vivaient. Il faudra un peu de temps avant que la réunification se fasse dans les esprits.

Vous déclarez que "l'économie sociale de marché" allemande devient pour la France un "modèle de société". Comment expliquez vous ce phénomène?
Les Français, dont la plupart connaissent mal l'Allemagne, comprennent intuitivement que ce pays n'est pas devenu la première économie européenne et le premier exportateur mondial par hasard ! Ils devinent que l'organisation économique et sociale, souvent à l'opposé de ce qui se passe en France, joue un rôle majeur dans ces succès. Voilà pourquoi la "soziale Marktwirtschaft" (économie sociale de marché, ndlr) les intéresse en tant que modèle de société. Le principe de ce pacte social est de faire bénéficier le plus grand nombre possible d'Allemands de l'élévation du niveau de vie, grâce à un effort partagé auquel correspond une répartition juste des richesses. A partir du moment où un consensus se dégage sur cette idée, les tensions sociales sont moindres, ce qui évite des grèves, des affrontements, des pertes de temps et des gaspillages. C'est un aspect fondamental du sujet. Les Allemands sont réputés travailleurs et disciplinés. C'est assez vrai, mais ils sont aussi moins déférents envers leurs dirigeants économiques et politiques dont ils exigent des résultats et un comportement irréprochable. Le niveau de démocratie en Allemagne est sensiblement plus élevé que dans d'autres pays d'Europe.

Vingt-cinq ans après la rencontre historique entre François Mitterand et Helmut Kohl, comment se porte le couple franco-allemand?
Il est de toute façon incontournable, même si on a un peu l'impression que chaque président français veut en faire plus que son prédécesseur et trouver un nouveau symbole de l'entente franco-allemande. Dans L'Allemagne au pied du mur, j'explique les différences fondamentales qui séparent Angela Merkel de Nicolas Sarkozy, à travers leurs parcours, leurs personnalités, leur conception de la politique.Ce qui ne les empêche pas de travailler utilement ensemble. Désormais, ils se connaissent bien, le round d'observation est terminé depuis longtemps, et cela évite les malentendus malgré les désaccords. La France et l'Allemagne n'ont pas d'autres choix que celui de travailler ensemble et de bien s'entendre. C'est du simple bon sens, mais cela ne va pas de soi, tant les différences de mentalité sont importantes.

Quels rapports entretiennent "citoyens" allemands et français?
Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les politiciens qui ont fait l'Europe se sont peu préoccupés de cet aspect de la réconciliation franco-allemande. Et malgré la monnaie commune, malgré la proximité géographique, nous habitons sur des planètes différentes. Spontanément, la plupart des Allemands font preuve d'une grande curiosité vis à vis des Français, qu'ils aiment bien même s'ils trouvent parfois nos comportements un peu étranges. Ils admirent la culture française et passent volontiers leurs vacances en France. La réciproque n'existe pratiquement pas. Pour beaucoup de Français, l'Allemagne reste un pays compliqué, dont la culture et la langue sont difficilement accessibles. Pour l'instant, le principal centre d'intérêt des Français en Allemagne se trouve à Berlin. Une ville furieusement tendance, où ils viennent volontiers passer le week-end. A la veille du 9 novembre, autour de la porte de Brandebourg, j'ai autant entendu parler français qu'allemand !

Une rencontre avec Bertrand GALLICHER est organisée à l’occasion du salon Vivons livres !, ce dimanche, de 15h à 16h30, au centre des congrès Pierre-Baudis, salle Cassiopée, à Toulouse.


 

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