Les opérateurs de l'Office de la tranquillité ont répondu à 210 plaintes pour nuisances sonores au moins d'ocotbre. (Photo : Marc Pédeau).21h40. « Cas typique » pour Nesrine : un homme se plaint d’une fête chez ses voisins du dessus. Nesrine l’écoute, remplit une fiche informatique à l’aide de questions de routine. A quelle heure a commencé la nuisance ? Peut-on entendre le bruit de la rue ? Si la police passe, vous pourrez lui ouvrir ? La personne doit donner nom, adresse et numéro de téléphone sinon « on fait une fiche mais la requête n’est pas prise en compte et la police ne fera rien », reconnait Nesrine, haussant les épaules. « Beaucoup ont peur de nous déranger, alors on les rassure et on les écoute. On fait moins peur que la police », ajoute Simon. Le personnel n’a pourtant reçu qu’une brève formation pour l’approche psychologique, l’accent étant mis sur la logistique. Financé par la mairie, le service est réservé aux seuls toulousains.
« Saint Pierre, un quartier sacrifié à la fête »
Minuit arrive. « C’est le coup de feu », s’exclame Simon, les mains sur son crâne rasé. « Les gens attendent d’être vraiment excédés pour nous appeler », poursuit-il. A cette heure-ci, un seul motif d’appel : nuisance sonore. « Pour un voisin qui fait du tamtam depuis des heures : la police peut intervenir. Mais on ne peut pas interdire à une femme de marcher chez elle avec des talons, même à 1h du matin », s’exaspère Simon. Et si les bars ferment à 2h, « on reçoit des appels jusqu’à 3h-3h30 parce que des personnes, souvent ivres, restent devant le bar », constate Nesrine. Ce soir, les fumeurs des restaurants de l’avenue Honoré-Serres et du boulevard Lascrosse font l’objet d’appels. « Un grand classique » pour Nesrine et Simon. Mais pour eux, la place Saint-Pierre « est hors catégorie. Les gens peuvent dormir deux soirs par semaine : les dimanches et lundis. Encore hier, une femme m’a dit vouloir déménager : elle n’en peut plus », raconte Simon, impuissant face au problème.
« Plus il est tard, plus il se passe des trucs de fous », s’exclame Nesrine. « Tu te souviens du type qui faisait de la guitare électrique depuis 21h, lance-t-elle à Simon. À 2h du matin un voisin nous a appelés, il n’en pouvait plus ! » Les anecdotes fusent : « Et la fois où une femme était excédée qu’une voiture soit garée place du Capitole : c’était celle du vigile ! », raconte Simon, le sourire aux lèvres avant d’ajouter : « Le meilleur c’est quand une femme m’a demandé de déboucher ses toilettes ! »
3h. Les appels se font plus rares. C’est le moment pour prendre un thé, fumer une cigarette ou parler des problèmes traités. « Tant que le téléphone sonne : pas de pause », résume Nesrine. Les appels reprendront plus franchement vers 6h du matin pour un tout autre problème : le stationnement. « Les gens ne peuvent pas sortir de leur parking pour aller travailler », constate Simon. À 7h, la relève arrivera. D’ici là : « Si personne n’appelle, ça va être long ! »





N'est-il pas possiblede faire également des déclarations de ce type sur le net ? Certaines nuisances n'ont pas forcément un caractère urgent et ce moyen permettrait de pouvoir les traiter dans le calme. Une adresse e-mail suffirait...