Bernard Gineste, Président du Collectif Francazal créé à la fermeture de la base 101. (Photo Blandine Hugonnet)
Pour le maire de Cugnaux, Philippe Guérin, il est hors de question d’accueillir du fret. Bernard Gineste, Président du Collectif Francazal, s’oppose strictement « à tout projet aéroportuaire ». A l’opposé, la DGAC ferait pression sur la communauté urbaine pour conserver la piste pour l’aéronautique. Le colonel Le Meur, qui commande la base, milite aussi pour la conservation d’un aéroport. Ce qui a le don d'irriter Bernard Gineste : « Le colonel joue un rôle de lobby en entretenant une nostalgie pour la base ! » Et le Collectif n’est pas dupe. Reconvertir la base 101 à l’aviation civile « est insuffisant pour rentabiliser la piste : derrière il y a sûrement des charters low-cost, le fret et les écoles de pilotages qui s’installeront. » Pour le Collectif Francazal, le mieux serait « un projet d’habitats diversifiés, d’activités économiques non polluantes et des équipements collectifs. »
Une étude lancée par la communauté urbaine du Grand Toulouse est en cours sur l’option de reconversion du site en aménagement urbain. L’agence d’urbanisme Devillers chargée de cette étude rendra son verdict d’ici la fin de l’année. De son côté, la DGAC préfère rêver à un avenir aéronautique pour la base.
Hervé Morin, ministre de la Défense, présent sur la base le 4 novembre dernier assurait que dans tous les cas, « ce sont les élus qui décident ». Bernard Gineste n’est pas convaincu : « Il ne faut pas oublier que l’Etat veut le vendre ce terrain, c’est une désinformation de dire que c’est lui qui décide. » Même si le Collectif Francazal compte aujourd’hui 450 membres et organise des rassemblements contre la reconversion de Francazal en aéroport, son influence sur la décision reste limitée. Bernard Gineste souligne quand même : « Nos élus ne sont pas crédibles, alors on les surveille. On doit les marquer à la culotte ! »
Mais l’énigme Francazal reste totale pour les habitants de Cugnaux. « Ce site est un vrai verrou, on ne donne pas d’informations aux citoyens. » ajoute le Collectif. Au sein de la base, silence radio sur le sujet.




