Seulement deux semaines de diffusion au cinéma l'ABC, des critiques peu amènes, peu de publicité... On attendait un accueil plus chaleureux à la sortie du film "D'une seule voix". D'autant que les prix se succèdent pour le long-métrage : le meilleur documentaire à Palm Beach et l'Art et Culture au festival du journalisme d'Angers en sont des exemples. Pas sans défauts, le film montre un tout autre visage du conflit israélo-palestinien. Il mérite d'être vu et diffusé, rien que pour ce qui s'est noué et dénoué. Réalisé par Xavier de Lauzanne, le documentaire retrace les semaines de la tournée du même nom en mai 2006, dans quatorze villes françaises. Une centaine de musiciens israéliens, palestiniens et arméniens y étaient réunis. Alors que le mur de Berlin est tombé il y a 20 ans, une brèche s'ouvre ici dans un autre mur : celui de Gaza. Les peuples israélien et palestinien ne se fréquentent plus. La bande de Gaza est encerclée, telle une prison à ciel ouvert. Aux attentats des uns, répondent des bombes. Pourtant, un producteur de musique français, Jean-Yves Labat de Rossi du label Ad vitam records a réussi ce pari fou. Et pas une seule fois : en 2004, Jérusalem avait déjà été le théâtre improbable d'un tel concert. Sur scène mais aussi au cours du voyage, ils se côtoient. La caméra de Lauzanne ne prend aucun parti. Les tensions crèvent l'écran. Une parole à propos de Mahmoud Abbas, un geste militant... à tout moment le projet peut partir en fumée. Mais au cours des dates, des liens se nouent. Un enfant israélien confie ne plus avoir peur des autres de son âge, côté palestinien. Eti et Saz, tous deux Israéliens mais elle juive et lui arabe, chantent le hip-hop en duo. Sur des vers arabes, Eti entre en scène. Alors qu'elle entonne le chant, elle coiffe le keffieh puis le brandit avec une énergie explosive. L'espace d'un instant, on pense alors que la paix n'est pas loin.
Le mur n'est pas prêt de tomber. Aucun musicien n'est dupe. Labat de Rossi refuse de parler de « concert de la paix », « ce qui serait indécent ». Mais le film nous montre que de la rencontre et du partage naissent un espoir. Sans naïveté. La suite des évènements le prouve. En janvier dernier, lors des attaques israéliennes, les musiciens se téléphonaient. Au même moment, Atef, le directeur de l'ensemble palestinien, lorsqu'il a cru mourir, a enjoint de Rossi à continuer.
Certes, « D'une seule voix » élude trop les négociations et enjeux diplomatiques qui ont jalonné l'organisation de la tournée. Au risque de laisser penser que l'affaire fut simple, et par là de réduire la portée du propos. Le montage n'est pas parfait non plus. L'obsession de la chronologie entraîne quelques répétitions. Le film n'en reste pas moins indispensable.
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Jean-Yves Labat de Rossi en quelques dates Synthé dans le groupe de rock Utopia de 1971 à 1975, Jean-Yves Labat de Rossi a eu un parcours chaotique, qui explique son énergie déployée aujourd'hui. En 1977, il abandonne sa carrière de musicien après avoir survécu au camp d'extermination Nakasero en Ouganda, sous la dictature d'Idi Amin Dada. Pendant la guerre de Bosnie, il avait fait évader musiciens bosniaques, serbes et croates par le tunnel de Sarajevo pour des concerts. Lui et Anne Dieumegard ont créé en 2003 le label Ad vitam records, « pour rapprocher les hommes, les cultures et les religions».
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Dernière projection ce mardi soir à l'ABC à Toulouse.
www.duneseulevoix-lefilm.com
www.advitam-records.fr/fr





