Cette fois-ci, Raymond a choisi l'offensive. Tancé de toutes part par les médias, par les "sondages", le sélectionneur des Bleus s'exprime dans une longue interview parue aujourd'hui sur le site de L'Express. Jeudi, le quotidien sportif L'équipe s'interrogeait sur l'opportunité de conserver Domenech à la tête de l'équipe de France de football. Il faut dire que ses troupes avaient laissé un sacré bazar la veille. Qualifiés pour le Mondial mais auteurs d'un match calamiteux, les Bleus n'ont dû leur salut qu'à une erreur de l'arbitre (même si on ne saura jamais ce qu'aurait donné une hypothétique séance de pénaltys). Cela a suffi pour mettre, une nouvelle fois, Domenech au pilori. Une vieille habitude. Et au contraire d'un renvoi qui aurait pu être justifié après le calamiteux Euro 2008 (les Bleus avaient été éliminés lors de la phase de poules avec deux défaites et un match nul), la question ne devrait pas se poser à sept mois de l'évènement footballistique planétaire en Afrique du Sud.
Car le sélectionneur a rempli son contrat. Poinçonner le ticket des Bleus vers la patrie de Mandela. Objectif atteint. Rien de plus, rien de moins. Au match raté de mercredi dernier, personne n'a opposé le match solide réalisé cinq jours plus tôt à Croke Park. Les ministres ont préféré l'analyse à l'emporte pièce, des sociologues se sont emparés de l'affaire, sans parler des "anciens" de la maison bleue, consultants tous azimuts. Alors, en quittant le style provocateur souvent vu en conférence de presse, Domenech avance ses pions, renvoyant es politiques à des questions de fond plutôt qu'au football ("Mme Bachelot me demande de me "mobiliser". Moi, je ne m'occupe pas de gérer un ministère, je ne m'occupe pas de la santé. Si c'est tout ce qui inquiète Mme Bachelot en France, qu'elle se rassure : je suis mobilisé."). Il désamorce la polémique résultante de la main de Thierry Henry, parle argent. Et si l'on retrouve des fragments du personnage public lorsque l'interview en vient à parler de lui, l'homme se livre néanmoins. Sur son passé, sur sa compagne. Sur son rapport à l'impopularité.
Au dela de l'envie, assez bizarre, de défendre le bientôt détenteur du record du nombre de matchs dirigés à la tête de l'équipe de France (72 actuellement), il faut avouer que l'interview est instructive. Et Raymond tape juste. Même si parfois prévisible, l'entretien permet surtout de parler foot à tête reposée. Et parfois, cela fait un bien fou.





