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Michel, le cœur des Restos

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Père de famille, Michel a connu la rue et mangé grâce aux Restos du cœur, où il est aujourd’hui bénévole. Il raconte comment il s’en est sorti.

Rien n’y fait, Michel est timide. Dés qu’il s’agit de parler, et spécialement de lui, il ne cesse de s’agiter. Prend café sur café. Baisse les yeux. Et pourtant, il a « tellement de choses à dire ».
A 37 ans, cet homme élégant aux traits marqués, qui n’a « connu que la galère » a envie de crier au monde entier qu’il a enfin réussi à s’en sortir. De la rue, des galères financières, de la misère sociale. Il sourit sans se lancer. Comme si cette réussite était indécente, et que sa pudeur lui permettait de protéger cette « chance qui a enfin tournée ».

« Une chance inouïe pour quelqu’un comme moi »
Sa chance est d’avoir trouvé une entreprise qui lui financera une formation de conducteur de charriots télescopiques. Il commence la semaine prochaine. Si tout se passe bien, il peut espérer décrocher un CDI. « Une chance inouïe pour quelqu’un comme moi », sourit-il. Quelqu’un comme lui ? « On ne nait pas tous égaux, regrette-t-il. Moi j’ai connu une famille d’accueil dès mon plus jeune âge. »

Evoquer ses parents biologiques lui arrache une grimace. Il faut dire que son histoire n’est pas joyeuse : ses parents l’ont battu alors qu’il n’avait que quelques mois.
Il a alors connu la DASS, puis a intégré une famille d’accueil. Il a connu la rue lorsque sa femme Véronique l’a quitté il y a quatre ans, en emmenant leur fils Cédric. « A moi seul, je ne pouvais plus payer le loyer. Et j’ai eu un grave accident de moto qui m’a immobilisé de longs mois. » C’est le début de la descente aux enfers. « Ne plus voir mon fils, ne plus pouvoir travailler comme avant à cause des séquelles de mon accident, et le décès de mes parents adoptifs … comment on fait dans ces cas là ? »
 

« Pour que mon fils soit fier »
Après avoir dormi deux mois dehors, il a été logé quelque temps par un ami. Il a pu se nourrir grâce aux camions des Restos du cœur. « On se dit toujours que tout ça n’arrive qu’aux autres. Je me suis rendu compte qu’être à la rue, c’est beaucoup plus proche que ce qu’on peut imaginer. »
Puis, il a cherché un travail. En essayant de ne pas se décourager à chaque refus, et de toujours recommencer. Son visage émacié s’illumine d’un sourire : « Pour que mon fils soit fier de son père. »
Si Michel a retrouvé un logement, et vit aujourd’hui de petits boulots, il n’oubliera jamais ce qu’il a traversé. En attendant de débuter sa formation, il est devenu lui-même bénévole aux Restos du cœur, à Toulouse. Pour aider ceux qui, comme lui, « n’y croyaient plus à un moment donné ».
 

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